Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 16:10

D'un côté l'ancien chef d’État du pays le plus puissant du monde, de l'autre le chef du FMI, donné favori comme président du pays le plus français du monde. Voyons ce qui les rassemble.

Comme celui de Kennedy, le nom de Dominique Strauss-Kahn commence par un K - en fait son demi-nom, mais le qualifier de demi-Kennedy serait mesquin : sommes-nous un demi-pays ?

 Pour les deux personnages, leur nom complet est tellement incertain à écrire qu'on préfère leurs acronymes : JFK et DSK.

Qui sait écrire du premier coup et sans réfléchir John Fitzgerald ou Dominique Toscane, Strauss-Khan, Strauss-Kahn ? Ce pourrait être la marque de la célébrité, mais non : G fait davantage penser au point G qu'à Gandhi, tandis qu'en lisant CDG on pense plutôt à une banque (Caisse de gonsignation ?), à une compagnie (des guides ? des glaces ?) qu'à Charles-de-Gaulle. ViH c'est le virus du sida et non Victor Hugo ; bref, ce n'est pas la célébrité qui fait l'acronyme, même si ce n'est pas donné au premier venu, voire risqué pour Pierre Dupond. Après ces considérations philologiques, revenons à nos deux cas (K).

Comme Kennedy, Strauss-Kahn a été abattu en pleine gloire, et sa carrière publique a pris fin. Certes de façon plus définitive pour JFK que pour DSK, mais quand même : il n'est plus présidentiable, ni en France, ni au FMI.

Comme lui, il formait avec sa femme, avant sa chute, un couple très glamour où l'épouse tolérait les nombreuses frasques du mari, pourtant dommageables à son image publique.

Comme pour Kennedy, on ne saura jamais le fin mot de l'histoire. Comme pour lui, l'affaire a fait la une du monde entier, inspiré des centaines d'articles (pas tous très inspirés…) des journaux les plus sérieux aux pires tabloïds et, comme pour lui, la théorie du complot va remplir les rayonnages et les sites Internet pour quelques décennies... D'ailleurs, où était DSK le 11/9 ?

Comme pour lui, le bon peuple n'a appris son goût du faste et sa compulsion sexuelle qu'après qu'il ait tiré un coup... Euh, je veux dire - après coup.

Il se dit dans les milieux autorisés (à médire) que DSK a fait sienne la devise de Kennedy sur les ambigüités de la drague : Kennedy mot consent  !

Gageons que la liste de ses maîtresses putatives (dont pute n'est pas l'étymologie, précisè-je par galanterie) va progressivement s'épaissir comme un vulgaire listing de Clearstream. Certains voient d'ailleurs dans cette affaire DSK une main occulte dans les dessous politiques, mais laissons ces vipères cracher leur semence... euh, leur venin.

Certes, on pourra toujours trouver des différences. Souvenons-nous de l'aéroport Kennedy de New-York, ou du centre spatial de Floride, du Mont Kennedy au Canada. Or, il est peu probable que l'aéroport Charles-de-Gaulle soir rebaptisé DSK airport, ou une montagne européenne - mont DSK, fût-elle de forme phallique. À moins que l'on donne son nom au centre spatial de Guyane ?

Non, sans rire, connaissez-vous un nom plus mal choisi que Kourou ou CSG pour un centre spatial ?

Cap Kennedy, au moins c'est un cap, pointu, mâle, alors que Kourou, c'est un fleuve, et dans le monde entier les fleuves ont une symbolique maternelle, nourricière, loin de la virile conquête de l'espace et de ses fusées en forme de priape ! Ou de suppo... Quant à CSG, moi ça m'évoque plutôt les impôts, la Contribution sociale généralisée...

Pour notre futur deuxième porte-avions nucléaire, DSK serait inadapté si on considère qu'il a raté son envol présidentiel... Manquerait plus qu'une grève des pilotes de chasse. Mais d'un autre côté, la virilité persistante et irrépressible de DSK pourrait impressionner nos ennemis : « Les Français, duos habet (de porte-avions) et bene pendentes, faut faire gaffe ».

Par ailleurs, nous démentons formellement que l'hôtel new-yorkais de la chaîne Sofitel soit prochainement rebaptisé « Hôtel DSK ». Imaginez les malentendus en perspective avec les clients : « Quand j'ai demandé la suite, ce n'est pas ce que je voulais dire... Si ma femme l'apprend, ça va faire des histoires ! » ou encore « Quand vous dites service compris, pouvez-vous être plus explicite ?.. », voire les déceptions : « Je n'ai pas demandé une collation mais une fellation ! »

Bref, cette démonstration tendant à faire de DSK le Kennedy français peut paraître un peu courte, mais vous n'êtes pas sans savoir qu'en la matière la longueur ne fait pas tout.

Enfin, comme pour Kennedy, les complotistes penseront toujours qu'il y avait plusieurs tireurs !

Repost 0
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 21:19

 

 

Marine le Pen a confirmé il y a quelques jours l'exclusion d'un élu de notre parti, au motif qu'il aurait fait le salut nazi.

« Un jeune élu du FN menacé d'exclusion pour une photo de salut nazi »

(Nouvel obs)

Déjà, en 1998, Megret et six de ses lieutenants avaient été exclus. (Libé)

Où va-t-on si le FN pratique des pogroms pour ses propres membres ? Rappelons que les pogroms sont avant tout destinés aux ennemis, c'est une question de justice.

Nous ne ferons pas de commentaires sur la féminisation excessive de la direction du Front national ; mais constatons que les militants purs et durs, très durs même, c'est-à-dire la base du socle de notre électorat, sont menacés de déportation simplement parce qu'ils se seraient mal comportés. Or, c'est leur comportement habituel, naturel.

En outre, la photo est ambigüe : les gratte-papiers parlent de salut nazi, mais comment sait-on que ce respectable et jeune élu ne chassait pas une mouche, ou qu'il ne repoussait pas un de ces droitsdelhommmistes notoirement agressifs ? Tout coupable a le droit de se défendre, même au FN.

C'est déjà assez dur pour des militants virils d'être dirigés par une femme, fût-elle fille de son père, mais si en plus elle nous cogne, c'est vraiment le monde à l'envers – ce sont les hommes qui battent leur(s) femmes, pas l'inverse. Où va la France ?

Entendons-nous bien : nous n'avons rien contre le fait qu'elle ait renversé son père à la tête du parti : nous ne sommes pas par principe opposés au coup d’État – technique politique qui a fait ses preuves. Mais cela ne doit pas se faire en chassant les vrais militants, ceux qui sont à la droite de la gauche et de la droite, ce qui, reconnaissons-le, n'est pas facile.

Qu'ont-ils fait pour mériter cette désopprobre ? Ils ont salué à la manière virile des soldats du troisième règne, bras tendu :la belle affaire ! Reproche-t-on aux socialo-communistes, lors d'une fête un peu avinée, de chanter l'internationale, les suspecte-t-on automatiquement de vouloir créer en France des goulags ? Non, pas plus que nous ne voulons créer des camps de concentration sur le Larzac, ou enterrer les gauchistes avec les déchets nucléaires, en enfouissement bien profond.

Le salut hitlérien n'est qu'un geste de solidarité entre potes. Tous les autres gestes fraternels étaient déjà pris : l'imagination n'étant pas la qualité première de nos militants, ils ont pris ce qui restait comme salutation, ce dont personne ne voulait – saluons au moins leur courage pour avoir choisi un geste honni par la lie de l'humanité.

Notez que nous respectons Marine, fille d'un grand soldat, d'un borgne visionnaire, d'un authentique leader maximo, d'un leader price qui a su attirer de gros héritages, réalisant à l'échelle de son parti l'idéal du dictateur : riche, puissant, redouté - et donc respecté. Mais les militants simples aussi doivent être respectés : même les crânes rasés ont besoin d'amour.

Tous les sondages annoncent de fortes chances pour Marine Le Pen d'être présente au second tour

Et qui va faire son service d'ordre si les durs ne sont plus là ? Quand même pas la CGT, non ? Ni ces gonzesses du service présidentiel.

Que dire du traumatisme vécu par nos militants quand Marine Le Pen a déclaré, sur une radio privée israélienne, que le Front national n'était "pas un parti antisémite, raciste ou xénophobe. » 

Imaginez le choc !

« Mais alors, on s'est trompés de parti ? » m'a demandé un jeune totalement désorienté ? Il m'a même demandé l'adresse d'un psy, « mais pas un feuj comme Freud » a-t-il précisé, malgré son trouble.

Bon, il est vrai qu'elle s'est ensuite rattrapée en déclarant "qu'Israël n'a pas à nous donner de leçons sur le racisme" (Le Point)

Là elle a raison la patronne. On est des pros, quand même, c'est pas des juifs qui vont nous donner des leçons !

Mais revenons à ces exclusions. Une démocratie représentative doit être en représentation. Or, où vont aller se faire voir tous ces citoyens exclus du FN ?

Il ne leur reste qu'une solution : créer un parti d'extrême-extrême-droite – terme peu pratique pour les journaleux (ils sont bien capables de nous appeler néo-néonazis, ces ordures) ; pour l'heure, ce sera le PIED : Parti Intégriste d'extrême droite.

On sait ce que deviennent les gens exclus de leur famille : des asociaux.

Alors, si vous ne voulez pas que tous les fachos, skins, néonazis, hooligans, casseurs de juifs, cogneurs de rebeus et de blacks deviennent des asociaux, signez la pétition pour la création d'un parti d'extrême-extrême droite.

Même les chiens et chats abandonnés ont leur refuge, et nous ne sommes pas des bêtes, non ? Pour l'intégration démocratique des extrémistes, marchez avec nous, et quand le PIED prendra la tête, nous chasserons tous nos adversaires – d'un coup de pied.

Songez que nos soutiens sont de plus en plus nombreux  : « Fièvre nationaliste en Hongrie. »

Selon un article de Libé, de plus en plus de personnes affichent leur soutien au FN. Timidement, certes, car tout un chacun ne se présente pas du jour au lendemain à son boulot avec un poignet à clous et un aigle nazi tatoué sur son crâne rasé - il faut s'y habituer progressivement.

Dites-vous aussi que nous aurons la liste de ceux qui nous auront soutenus et, par une simple soustraction – que plusieurs de nos membres sont capables de faire - nous aurons donc le nom de nos ennemis...A bon entendeur, salut nazi ! Nooon, je blague, vous savez bien que nous sommes devenus un parti comme les autres.

Mais ne comptez pas sur nous pour rendre le pouvoir à ceux qui nous en ont privé – c'est une question de justice.

Repost 0
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 21:11

 

 

« Encore un papier sur DSK ! » allez-vous vous écrier. Oui, mais malgré toute l'encre qui a déjà coulé à ce sujet - assaisonnée d'un peu de bave - vous conviendrez que cette affaire présente bien des points obscurs. Aussi allons-nous tenter de débrouiller les faits.

Tout d'abord, il n'y a pas UNE affaire DSK, mais deux, avec celle de Tristane Banon, voire trois avec son ancienne collaboratrice du FMI - ou peut-être quatre, puisque la mère de Tristane Banon dit qu'il a été brutal.

Ou peut-être même six, puisque une ou deux journalistes l'ont déclaré insistant, ou encore sept ou huit puisque le député Debré a accusé l'hôtel d'avoir étouffé d'autres affaires.

Et par souci de clarté je ne compte pas la neuvième,  les paroles offensantes qu'il aurait eues envers une hôtesse de l'air, peu avant son arrestation.

Après ces précisions sur le nombre d'affaires DSK, nous pouvons entrer dans les détails :

DSK est accusé d'avoir violé la femme de chambre d'un hôtel, une employée qui se faisait appeler Ophelia (Le Figaro, légende de la photo) mais se nommerait en fait Nafissatou Diallo.

En lisant les déclarations du député Debré, on a pu croire un moment qu'il s'agissait d'un bordel, un de ces lieux où l'on croise davantage d'accortes escortes que de clientes... Mais non, nous sommes en mesure de confirmer ce fait : le bâtiment dans lequel les faits ont eu lieu est bien un hôtel. C'est même une chaîne d'hôtels, mais le mot « chaîne » évoquant trop le sadomasochisme, nous tairons son nom par souci de discrétion.

Précisons simplement qu'il ne s'agit pas d'un hôtel hard mais d'un Soft-hôtel. Déjà un ou deux clients ont demandé à la réception - en toute discrétion - si la chaîne d'hôtel était fournie avec les call-girls... « Non Monsieur, seulement le savon et les serviettes, » a dignement répondu le réceptionniste.

En matière de journalisme comme durant une enquête criminelle, le recoupement des faits est primordial : New York est bien aux États-Unis, sans rapport aucun avec York,  la ville anglaise éponyme du jambon.

Précisons que DSK n'a pas été menotté à sa demande : c'est la police qui a fait preuve de fermeté, enfiévrée à l'idée d'avoir arrêté le chef du cartel du FMI. La justice américaine,elle, a fait montre de prudence plus que de jurisprudence en envoyant dans une de ses plus terribles prisons un éminent citoyen résidant depuis longtemps à Washington, et doté de toutes les garanties de représentation.

La presse anglo-saxonne n'a pas été en reste question sévérité ; Thierry Meyssan, que certains disent parano, a fait une intéressante remarque à ce sujet :

« Les Français ont aussi accepté sans broncher les reproches de la presse anglo-saxonne. Tout cela est la faute de la presse française, pouvait-on lire, qui n’a pas enquêté sur la vie sexuelle débridée de M. Strauss-Kahn au nom du respect de sa vie privée. Pourtant, poursuivent les puritains, celui qui séduit ostensiblement les femmes, voire les presse, parfois les bouscule, est un violeur potentiel. « Qui vole un œuf, vole un bœuf ! ». En couverture, Time Magazine représente DSK et ceux qui lui ressemblent sous la forme d’un cochon. Nul n’a relevé que l’accusé était directeur du FMI et vivait à Washington depuis 3 ans sans que la presse anglo-saxonne donneuse de leçon ait, elle, enquêté sur ses supposés vices cachés. »

Complot or not, that is the question, comme dirait un célèbre anglophone. Quoi qu'il en soit, un zeste de paranoïa n'a jamais fait de mal devant les Machiavel de la politique. Les barbouzes refusant de nous répondre au téléphone, revenons-en aux faits établis.

La plaignante est donc une femme de ménage de l'hôtel, pauvre – ou pas (on parle de 100.000 $) ; immigrée entrée légalement aux USA – ou pas (selon ses déclarations) ; désintéressée - ou pas (selon les écoutes téléphoniques) ; qui a prévenu sa hiérarchie immédiatement après les faits – ou pas (selon les services du procureur). La caméra du couloir et le passe électronique confirmeraient - ou pas - la version que donne de ses déplacements ce témoin fiable – ou pas.

M. Diallo, la psy de N. Diallo la plaignante, trouve celle-ci fiable et affirme professionnellement que le viol a bien eu lieu. Mais elle serait en fait assistante sociale, et non psychothérapeute. À ce stade de l'enquête, on ne peut être plus précis.

Tout récemment, la défense de la plaignante l'a autorisée à livrer son témoignage aux médias. "20 Minutes" a demandé son analyse à une synergologue (non, ce n'est pas un spécialiste des synagogues interviewé à cause de la judéité de DSK), experte en langage corporel, qui est formelle : les gestes de Nafissatou Diallo sont cohérents avec ses propos. Mais cette spécialiste rappelle aussitôt, afin de lever toute ambigüité, que « les meilleurs menteurs sont ceux qui croient à leurs mensonges ». En somme, la plaignante dit vrai - ou pas.

 

Côté France, Tristane Banon ne s'appellerait pas ainsi à cause du jeu de mot triste-Anne lié à son enfance de mal-aimée, ni Tristan féminisé, mais en fait Anne-Caroline, ou Marie-Caroline selon d'autres, et serait amie avec la fille de DSK - ou pas (Nouvel obs). De son côté, Anne Mansouret, sa mère, se serait appelée autrefois Anne Mansoureh-Riahi.

Malgré cette non-amitié de sa fille, l'ex-femme de DSK serait la marraine de Tristane – ou pas : simple marraine de complaisance selon ses propres déclarations, quasiment virtuelle. (Même article)

Selon certaines sources proches de l'Élysée, les sujets du bac philo de 2012 tourneront autour du thème de l'amitié : peut-on être ami(es) après deux cafés pris ensemble ? Avec six ans de différence ? À partir de combien de tasses de café une amitié peut-elle être revendiquée, peut-on être ami(e) de quelqu'un qui n'est pas lui-même votre ami(e) ? La formulation définitive est encore à l'étude chez les « spin doctors » de l'équipe Sarkozy, qui plaçaient également beaucoup d'espoirs dans l'audition de François Hollande, affichée en première page du Figaro dans une mise ne page tapageuse contestée par ses propres journalistes. Mais son témoignage devant la justice est passé quasiment inaperçu.

Il faut dire que dans une affaire où tout le monde ou presque a annoncé porter plainte, ou être sur le point de le faire, ou menacé de dans le cas où, au barreau de New-York ou à Paris - ou les deux, - une simple audition pour savoir si François Hollande savait bien ce que le tout-Paris n'ignorait pas, et que le tout-journaliste savait également, fut un non-événement.

Après Hollande et PPDA, Tony Blair et Gorbatchov viendront-ils eux aussi témoigner de ce qu'ils ont entendu dire - ou dire ce qu'ils ont entendu taire ?

L'avocat de Tristane Banon est aussi catégorique que les autres protagonistes de cette affaire : "Me Koubi s’était toujours opposé à associer sa cliente à la procédure américaine." (Ouest-France)

Il était néanmoins mardi dernier à New-York dans le bureau du procureur Vance – peut-être pour signifier de vive voix son opposition à lier les deux affaires ? (Le Figaro)

Le même Figaro, par souci d'objectivité journalistique, appelle cet avocat tantôt Koubi et tantôt Koubbi - dans le même article !


Maintenant que tout est clair, précisons que Anne Sinclair, épouse de DSK, est en réalité née Schwartz (son père étant devenu Sinclair en 1949 pour des raisons inconnues) et que DSK lui-même, ex-candidat socialiste à la présidence de la République (mais seulement potentiel), n'était, selon certains, pas réellement socialiste !

Repost 0
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 11:27

Le point a récemment titré « L'espéranto des singes » un article expliquant que les différentes espèces de grands singes ont certains gestes en commun.

Le journaliste relatait une publication de Catherine Hobaiter, de l'université de St Andrews, qui a identifié 66 gestes de communication chez les chimpanzés. Certains de ces gestes seraient communs à d'autres grands singes, comme les gorilles et les orangs-outans.

Ce geste-là signifierait "Oh ! Ma tête !" (sous réserve de confirmation scientifique) :

Mais l'espéranto est une langue, pas un ensemble de gestes ! Une langue construite dont la grammaire est simplifiée, et dont les mots sont millénaires, principalement puisés dans les racines latines et grecques.

La meilleure analogie eût été de titrer : « La langue des signes des singes », ou encore : « Les singes ont une langue des signes ».

Bien évidemment, la langue des signes (LS) est largement plus complexe et plus subtile que ces dizaines de gestes communs à quelques espèces de singes.

Mais le vrai problème n'était-il pas qu'un tel titre aurait pu être mal vécu par les sourds - pardon : les malentendants ? Ce serait politiquement incorrect, ils risqueraient d'y voir une moquerie, voire de provoquer par contagion une protestation de diverses associations de handicapés : « Comment ? Vous comparez des handicapés à des singes ? », une querelle rappelant les polémiques déclenchées par Darwin – et encore maintenant entretenues par les créationnistes.

Alors que les espérantophones ou espérantistes (ce sont en gros les mêmes, mais militants), eux, ont l'habitude d'être moqués, particulièrement en France, bombardés de clichés ou noyés sous les préjugés.

La LS a déjà un label universitaire, une formation d'interprètes à Toulouse, alors que l'espéranto (Eo) en est encore à demander l'option au bac ! (Une pétition est d'ailleurs en cours en ce moment.

D'un autre côté, ce choix du journaliste ne serait-il pas finalement une manière de reconnaissance ?

Car la LS est différente d'un pays à l'autre, d'une langue à l'autre, avec même des variations régionales (tendant à disparaître), tandis que l'espéranto est international – c'est sa raison d'être, sa vocation.

L'espéranto est un moyen pour toute une espèce de franchir la barrière linguistique, disponible pendant qu'on s'obstine vainement dans des voies qui ont prouvé leur injustice et leur inefficacité : l'anglais, ou les investissements répétés dans la technologie, qui malgré des progrès dus à la traduction par analyse statistique, nous offre surtout depuis des années une succession d'effets d'annonce, afin d'obtenir des investissements.

L'UE vient justement d'investir 6 millions d'euros :

« L'autre projet META-NET, s'est vu attribuer 6 millions d'euros de Bruxelles pour construire une alliance des technologies facilitant une Europe multilingue. » , alors que l'UE est totalement anglophone, à l'exception du Parlement !

Parallèlement, l'UE n'a jamais dépensé un seul euro pour vérifier la vitesse d'apprentissage de l'espéranto, sans rival dans ce domaine, ou sa fiabilité en traduction : deux points de toute façon déjà confirmés depuis longtemps par la SDN, ancêtre de l'ONU. Les facteurs décisionnels ne sont pas techniques ni pédagogiques mais politiques.

Minuscule progrès : l'UE lui consacre quelques lignes dans son étude sur le phénomène lingua franca. (Téléchargeable en pdf)

« Even Esperanto, the most successful among them, is confined to a restricted community of staunch supporters, without any real impact on political, cultural or economic exchanges at a wider level. On the contrary, the actual communication among people not sharing the same language has always been ensured by natural languages ortheir ad hoc varieties. Today is no exception. In the past decades English has spread as the vehicular language in our globalised world in all domains at an unprecedented pace, although it is not as regular or as easy to learn as constructed languages, nor does it guarantee a level playing field for all parties in all speech situations. »

Qui inclut également un entretien avec François Grin :
« I have mentioned translation and interpretation. I have mentioned inter comprehension. I would also suggest making some space for Esperanto as part of the solution — not as the solution, but as part of the solution — because it is about 7-8 times cheaper and faster to learn than any other language, and it remains a much more balanced solution than any alternative that relies entirely on the language of one of the participants in the exchange, which is the problem with English. »

JPEG - 35.9 ko
Signes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Globalement, la diffusion de l'anglais est présentée dans cette étude de l'UE comme un phénomène naturel - ce qui est une vaste blague.

Alors, oui : les grands singes ont quelques gestes en commun, les Indiens des plaines leur langue des signes, les malentendants de nombreux pays chacun la leur – complexe - mais les hommes, ensemble, ont inventé l'espéranto pour traverser les frontières linguistiques et mentales, et surmonter enfin la malédiction de Babel.

Pas si bêtes nos cousins les singes et, s'ils pouvaient parler, je suis sûr qu'ils nous diraient : « Mais qu'est-ce que vous attendez pour essayer l'espéranto ? »

 

 

Nota : Le Point a passé mon commentaire (similaire) après leur article, mais les [...] initiaux remplacent en fait « Quelle honte ce titre ! », une exclamation qui n'est ni une insulte ni une grossièreté, mais un qualificatif qui m'est venu spontanément, une expression décrite dans le dictionnaire comme une « tournure exclamative. »

Modérer, oui, mais censurer inutilement semble commun à de nombreuses espèces !


 

Repost 0
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 11:24

Dieu a dû apprécier la visite du Patriarche Cyrille aux diocèses de Donetsk et Kharkov, en Ukraine, le 8 mai 2011, car celle-ci a été saluée d'un miracle, discret mais remarqué et rapporté par des ouailles versées dans les logiciels graphiques de type Photoshop.

Au début, si l'on décompte les journalistes, les officiels et la sécurité, la maigre assistance pouvait faire désespérer de la foi des Ukrainiens – disons environ 4000 personnes :

Mais très vite, comme les petits pains, les présents se sont multipliés, et une foule en liesse se pressait pour écouter le Patriarche :

Sur le portail Crédo , on prétend qu'il y avait 40 000 personnes sur la place de la Liberté (plochtchad Svobody) à Kharkov, auparavant vidée de marchands et d'une fête foraine en vue de ce gigantesque rassemblement.

Deuxième miracle : la foule a encore grossi, jusqu'à envahir la totalité de la place, jusque dans ses recoins les plus éloignés, confirmant qu'il a été sage de vider la place de ses marchands :

Précisons que cette multiplication des Ukrainiens a eu lieu en l'espace de quelques minutes, puisque le cadrage et les ombres des trois photos sont les mêmes !

Curieusement, l'Eglise, bien trop modeste, a rapidement retiré de son site les photos contestées par les mécréants.

Mais ne désespérons pas, nous autres catholiques français, privés depuis des lustres de bons gros miracles : le gouvernement Sarkozy ayant vendu à l'Eglise orthodoxe le terrain superbement placé de Météo france en vue de la construction d'une église, nul doute que Dieu fêtera l'inauguration du bâtiment (qui s'annonce magnifique, aérien) par quelque miracle similaire.

Poussée de bigoterie et de censure en Russie

Le ministre des Sciences, de la jeunesse et du sport, Dmitri Tabatchnik, a dit : "Plus l'église orthodoxe russe travaillera efficacement dans le domaine de l'enseignement, plus la fracture entre le gouvernement et la société se réduira, leurs relations devenant plus constructives."

Dans la ville russe de Syktyvkar, les représentants de l'église orthodoxe russe ont tenté de faire modifier l'opéra de Chostakovitch "Le conte du Pope et de son ouvrier Balda", basé sur l’œuvre du même nom de Pouchkine, en retirant l'un des personnages principaux : le pope ! Pareillement, dans la ville d'Armavir, l'église orthodoxe a édité le livre pour enfants "Conte du marchand Kouzma Ostolope et de son ouvrier Balda", attribué à Pouchkine, où le pope fainéant et radin, est (miraculeusement) devenu marchand !

Faut dire que Pouchkine, le plus grand poète russe, était, comme le peuple, aussi moqueur que Molière ou Maupassant envers les faux dévots et les prélats trop bien nourris - ou, comme l'un d'eux plus récemment, photographié avec une montre hors de prix  !

 

(Infos transmises par des internautes russophones et espérantophones)

Repost 0
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:58

Comme la pluie ou l'orage, les publi-reportages reviennent régulièrement dans les médias professionnels, à la différence qu'on les subit sans en être toujours conscients.


Conséquence de l'anglicisation de l'UE, les articles sur le faible niveau en anglais des uns ou des autres se multiplient comme la mauvaise herbe.

Dernier en date sur 20Minutes On-line, où on lit cette inquiétante nouvelle : « les Suisses pas très bons en anglais » et, plus précisément « derrière l’Allemagne et l’Autriche » - on mesure la gravité du problème !

C’est un constat d’expert :  « L’institut de recherche EF Education first a examiné les connaissances linguistiques en anglais de deux millions d’adultes répartis dans quarante-quatre pays à travers le monde. Avec le onzième rang, le classement de la Suisse n’est pas très brillant. »

Ledit expert en reste pantois : « Le résultat relativement médiocre des Suisses surprend les experts » mais, en bon expert, il en trouve illico la raison : « l’école primaire vient tout juste d’introduire des cours de cette langue pour des élèves relativement jeunes ».

Ouf ! Nous voilà rassurés  : finalement le problème n’est pas si grave car, en grandissant, tous ces petits Suisses deviendront (probablement) de bons anglophones, et potentiellement de bons Européens.

Notre experte préconise néanmoins une mesure radicale  : « Pour remédier aux lacunes chez les Suisses, Kolar recommande l’introduction en primaire, et dans l’ensemble du pays, de cours d’anglais. »

Mesure certes un peu dictatoriale, orwellienne, mais « C’est le prix qu’il faudra payer pour survivre dans un monde de plus en plus globalisé », estime-t-elle. »

Un autre article récent s’est penché sur cette inquiétante faiblesse mondiale, dans L’Express et l’Expansion en ligne :
« Les Français parlent moins bien anglais que les Portugais »
 (Les Portugais apprécieront d’être utilisés comme symbole de médiocrité anglophone)
« Un groupe privé d'enseignement des langues vient de publier un classement des pays qui parlent le mieux anglais. La France arrive au 17ème rang. »

Un autre facteur clé est identifié : « La Norvège, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Finlande occupent les cinq premières places du classement. Pourquoi ? Selon Yvonne Kolar, une des explications parmi d’autres réside dans le fait que ces pays diffusent le plus souvent les films anglo-saxons en version originale, contrairement à ce qui se pratique notamment en Suisse. »

Bande de feignasses ! Après le boulot, vous vous prélassez devant vos films en français, une bière à la main, les neurones en roue libre ? Eh bien, tremblez maintenant : voici venu le temps de la VO imposée ! Grâce à laquelle, demain, vous jacterez le globiche européen aussi bien que les demi-dieux Nordiques qui ne connaissent que la VO. Certes, ils perdent leur vocabulaire technique à force de rédiger la quasi-totalité de leurs thèses en anglais, mais le grand journalisme ne s’égare pas dans les détails.

Malgré ce professionnalisme affiché, un doute nous a saisis. En se renseignant sur l’experte et l’organisme privé cités dans les deux articles, que trouve-t-on ? Un institut spécialisé dans le business de l’anglais !

« First Education First (EF) (www.ef.com), est le plus grand organisme éducatif privé au monde. Fondée en 1965 avec pour mission de « briser les barrières géographiques, linguistiques et culturelles » qui séparent les hommes, le Groupe EF emploie 29 000 personnes dans 400 écoles et 75 bureaux répartis dans 51 pays. (...) EF possède la plus grande école d’anglais en ligne au monde, avec plus de 15 millions d’utilisateurs. Fondée en 1996, elle a pour objectif d’améliorer l’enseignement de l’anglais grâce à la technologie. (...) EF propose des cours d’approfondissement en anglais, des formations en anglais des affaires et en anglais spécialisé ainsi qu’une préparation au TOEIC® et au TOEFL®.

Certes, chaque papier a précisé que l’enquête a été réalisée par « un groupe privé », mais on est loin d’un article de fond qui citerait l’étude (en vérifiant sa pertinence), la replacerait dans le contexte de la guerre des langues, dans l’UE ou dans le monde.

On serait plutôt dans la fourniture clé en main d’une enquête, avec tout à la fois le constat (on est faibles), l'analyse (on est « en retard » - ah bon, nous serions donc dans une course à l’anglais ?) et les recommandations : imposer l’anglais au primaire et la VO anglophone aux futurs petits Européens.

Bref, la définition même du publi-reportage, à se demander si la boîte en question ne fournit pas l’article déjà rédigé... Le fait que l’article de l’Expansion soit anonyme et celui de 20minutes seulement signé d’un mystérieux sigle entre parenthèses, « (rga) », n’a bien sûr aucun rapport !

Une boîte, spécialisée dans l'anglais, qui étudie les niveaux d'anglais des différents pays, puis recommande dans les médias l'anglais à haute dose pour tous les enfants suisses et français, de mauvaises langues pourraient juger qu'on frise le conflit d'intérêt  !

Sans nier la qualité et le professionnalisme de nombreux médias, il nous semble qu’on y trouve un peu trop souvent des articles de complaisance, plus proches du business et de la publicité - comme ici pour apprendre l’anglais aux tout-petits, un autre thème récurrent ces derniers mois : « Le baby-sitting en VO ouvre une agence à Lille »

C’était la vengeance (lâchement anonyme elle aussi) d’un journaliste citoyen contre le grand journalisme professionnel !

Repost 0
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:56

Le succès des filières de langue à l’école ne reposerait-il pas sur un malentendu ? Tandis que certains rêvent à une sorte d’Homme nouveau polyglotte dès l’enfance, le succès de ces sections est souvent basé sur la simple aspiration des parents à une filière d’excellence !
De plus, faire reposer sur les langues l’organisation des classes rigidifie l’institution scolaire – alors même que le choix y est de plus en plus limité.

Nous verrons que tout cela est depuis longtemps connu des autorités !

Petit rappel sur ces filières :

« A titre expérimental, il est proposé, dans certains établissements, de commencer la deuxième langue vivante étrangère dans une classe "bilangue" dès la 6e. » (Eduscol)

« Ils auront 3 heures dans chacune des langues, au lieu de quatre en LV1, presque toujours l’anglais. » (Eduscol)

Les buts sont vastes et nobles :
« La scolarité en section européenne ou de langue orientale permet aux élèves d'améliorer leurs compétences en langue, d'acquérir de nouvelles compétences notamment grâce à l'enseignement d'une discipline non linguistique - une matière enseignée en langue étrangère. Elle leur permet de s'ouvrir à l'International et au dialogue interculturel ainsi que de mieux d'être mieux réparés à la mobilité professionnelle. » (Emilangues)

Un rapport destiné au ministère semble attribuer la naissance de ces dispositifs à l’Alsace, afin de promouvoir l’étude de la langue du pays voisin, l’allemand, mais, depuis lors, la pression de l’UE en faveur du développement des langues à l’école a fortement renforcé cette tendance. (doc en pdf)

Le succès est incontestable :
« Les sections européennes ou de langues orientales sont en constante augmentation et scolarisent chaque année un nombre croissant d'élèves. »

Les demandes pour les classes bilangues, qui débutent souvent dès la 6e, excèdent les places. Il en est de même pour les sections dites européennes et les sections internationales, dont l’entrée est conditionnée à un certain niveau de langues, sur dossier ou contrôlé en réel : ainsi, alors qu’en France on s’écharpe depuis des décennies sur la légitimité d’une sélection à l’entrée de l’université, on a discrètement instauré dans le secondaire une sorte d’examen d’entrée !

"L'admission se fait géné­ra­le­ment sur dos­sier" (article du site Vousnousils)
Parfois dès le primaire :
« Les familles qui souhaitent que leur enfant intègre une section internationale doivent déposer un dossier auprès de l'école. Les élèves passent une épreuve orale qui permet d'apprécier leur niveau de connaissance de la langue étrangère ou du français, pour les élèves étrangers. »
« Les procédures de recrutement varient d’un établissement à l’autre. »

En somme, un goût très français pour le flou, l’ambigüité et les privilèges.

Une anecdote récente confirme l’attachement des parents à ces filières particulières : suite à une information sur une restructuration des sections internationales de leur lycée, les parents d’élèves ont rapidement signé lettre et pétition pour protester contre la mixité envisagée de leurs enfants avec les élèves du tout-venant...
Un message sur le site dudit lycée a mis fin à ce début de polémique : il n’y avait en fait pas de menace sur ces filières à statut particulier.

D’où vient la place primordiale prise par les langues dans l’organisation des établissements scolaires ?

De l’UE d’abord, qui met une pression énorme sur l’Éducation nationale (EN) pour que l’enseignement des langues se développe toujours plus (tout en faisant paradoxalement de l’anglais la langue commune de l’Europe).

Une certaine volonté de s'ouvrir à l'international (selon le cliché à la mode) qui débouche en fait vers des privilèges accordés essentiellement aux anglophones, notamment dans les sections internationales, surtout destinées aux Français bilingues (type expatriés de retour, ou biculturels) et aux étrangers :

"Le contenu des sec­tions anglaises, par exemple, est piloté par l'université de Cambridge" (Vousnousils)

Mais aussi du monde pédagogique des langues qui semble rêver d’un enseignement simultané dans plusieurs langues, dès la maternelle (en anglais, et imposé), et semble admirer par exemple le plurilinguisme du Luxembourg, du Pakistan ou de la Suisse, en niant les grandes difficultés structurelles que cela implique pour les écoles, et le fait que tout le monde n’en a pas envie...

Cette pression conjuguée, politique et idéologique, renforcée par des arguments pseudo-scientifiques sur les avantages du plurilinguisme précoce (contredits par d’autres linguistes et d’autres études) a poussé les langues à « envahir » les autres disciplines, par la transversalité et par les programmes EMILE (enseignement d’une matière dans une langue étrangère) – qui sont anticonstitutionnels, puisque la langue d’enseignement est le français, avec une dérogation pour les langues régionales. (EMILE ne se fait pas dans les classes bilangues.)

Les rapports officiels sur ces filières sont favorables (quoique lucides, comme on va le voir).

« Globalement ces classes comparées aux autres classes de 6ème présentent des résultats supérieurs dans l’ensemble des autres matières. (cf annexe 1). »
(rapport national)

Atteindre le niveau de compétence en langue fixé par l’UE : A2 au brevet et B1 au bac, curiosité d’esprit, transversalité, parfois EMILE, motivation, projet personnel, renforcer les compétences dans les autres disciplines, etc. A en croire les avantages listés dans un rapport local de 2006 (en pdf), ces programmes auraient toutes les vertus, hormis la repousse des cheveux !

Mais ces mêmes rapports officiels confirment aussi les ambigüités sur les objectifs, et les risques de filière d’excellence déguisée !

— L’incertitude quant aux objectifs :

« L’absence de réponses claires aux interrogations sur les objectifs poursuivis a
pour conséquences des incohérences locales dans les cartes de langues, des
incompréhensions légitimes chez les enseignants de certaines langues, des
hésitations de la part de décideurs académiques conduisant à des décisions
contradictoires selon les académies et, globalement, à une situation très inégale et diversifiée à l’extrême sur le territoire national. »
(rapport ministériel de 2004, ainsi que les extraits suivants)

« Vient s’ajouter une autre question lourde de conséquences : les dispositifs
d’enseignement des langues doivent-ils viser prioritairement à mettre en œuvre des recommandations politiques en faveur de l’enseignement de certaines langues, pour répondre à des besoins politiques, économiques ou culturels du pays, et infléchir la tendance très forte de la « demande sociale » en faveur d’un apprentissage de certaines langues (anglais et espagnol essentiellement) ou bien doivent-ils assurer un traitement identique et « équitable » de toutes les langues enseignées ? »

Bonne question, à laquelle il a été apporté une réponse claire, mais officieuse : le tout-anglais ! Il n’y a à l’école ni liberté de choisir ses langues, ni égalité des langues.

— Le risque de dérive en filières d’excellence officieuses :

« Le choix entre ces deux options ne peut s’effectuer sans avoir à l’esprit les incidences sur la carte scolaire et sur la possibilité de voir se constituer ainsi des filières d’excellence dans les collèges."

« Dans de nombreux départements et académies, ce dispositif est utilisé délibérément pour créer des pôles d’excellence dans des établissements en zones d’éducation prioritaires ou dont le recrutement est mis en péril par de nombreuses demandes de dérogation ou de départ vers des collèges privés. Il s’agit dans ces cas d’une utilisation des dispositifs bilangues comme moyen de réguler la carte scolaire. Ceci ne peut néanmoins fonctionner que si le dispositif n’est pas généralisé. »

Malheureusement, les auteurs de ce rapport dérapent un peu dans leur conclusion : pensez donc, ils demandent de la clarté à l’EN !

« Le caractère expérimental des classes bilangues ne peut perdurer. Une harmonisation et une clarification s’imposent : une telle offre doit pouvoir s’inscrire clairement dans les politiques linguistiques académiques et les projets d’établissement. »

De la clarté, non mais ! Pourquoi pas aussi de la franchise ?

Une autre raison parentale de choisir une classe bilangue : pallier l’absence de choix en 6e, remédier à la baisse de la diversité linguistique dans les établissements, car c’est parfois la seule solution pour étudier une langue non proposée - en général, l’allemand ou l’espagnol.

Comme le relate une prof d’allemand dans un entretien :
 « Un argument décisif a été le fait que les élèves n’ont plus à faire un choix exclusif, mais au contraire un choix inclusif. Ils peuvent aborder l'étude de l'allemand sans avoir à renoncer à l'anglais, ni éventuellement à l'espagnol. Valenton regroupe de très fortes communautés étrangères, et ces enfants n'aiment pas devoir renoncer aussi tôt au choix de l'espagnol. »

L’excellence, l’élitisme
Nous n’avons rien contre l’élitisme au sens que lui donne Brighelli dans son blog  :

« On essaie de déboulonner ce qui marche au nom de l’égalitarisme. L’élite est devenue un gros mot, d’ailleurs on dit maintenant « élitisme ». Moi, je conçois l’élitisme pour tout le monde. En revanche, quand certains promettent la réussite pour tous, c’est de l’escroquerie. Je regrette, mais tout le monde ne peut pas aller jusqu’au doctorat. Je reconnais que nous avons en France un taux très faible de licenciés, mais nous payons l’incurie du collège et du lycée. Finalement, nous sommes revenus en 1788. Les pédagogues ont réalisé la grande peur de Bourdieu, en créant une France d’héritiers. Et puis quand je vois la politique de Richard Descoings à Sciences po, je réponds que la charité ne peut pas être une politique globale. » (Interview de JP Brighelli)

Mais ce développement de filières d’excellence officieuses (réelles ou supposées telles), réservées aux plus informés, est un système totalement absurde qui ne peut engendrer que déceptions, blocages et rancœurs  !

Car à mesure que les gens apprennent qu’il s’agit d’une « meilleure classe », la demande s’accroît et sera toujours supérieure au nombre de places.

Au fond, que veulent les parents d’élèves, sinon une garantie de qualité, l’assurance que leur gosse sera dans « une bonne classe », sans enfants violents, malpolis, sans cas sociaux et perturbateurs professionnels, sans cours bruyants où des professeurs laxistes laissent les téléphones sonner, les élèves discuter entre eux à voix haute, et où quarante minutes sur cinquante sont consacrées à de vaines tentatives de maintenir un semblant de discipline, où quatre remplaçants se succèderont dans l’année en raison des arrêts maladie du titulaire pour dépression ? Certes, il s’agit de la caricature maximum (pas sûr...), mais ce souhait des parents pour « la meilleure classe » du « meilleur lycée » n’est-il pas légitime ?

Sans oublier les malheureux chefs d’établissement obligés d’expliquer aux parents déçus qu’il faut un bon dossier en langues, tel ou tel niveau - laissé à l’appréciation locale...

En outre, un élève peut se voir empêcher de déménager, ou être gêné en cela par le fait que son futur établissement ne propose pas les mêmes langues ou filières.

Peu efficace, injuste, abracadabrante, hypocrite - peut-on imaginer pire organisation ?

Sur un plan plus général, une journaliste interroge son ancien professeur de philosophie, Jean-Claude Blanc, qu’elle décrit sur son blog comme « Particulièrement soucieux des questions de laïcité et du devenir le l’école publique », et qui plaide pour un retour à une école « fermée » ou plutôt protégée, « hermétique au tumulte du monde et de la rue » .

« L'école ne doit pas éduquer mais instruire », avec des profs non pas sympas mais justes et efficients dans leur rôle d’enseignants.
« transmettre LA culture en faisant fi DES cultures. »

En organisant la répartition des élèves dès la 6e selon les langues, privilège exorbitant accordé à aucune autre matière, on rigidifie toute la structure scolaire.

La solution à tous ces problèmes est dans la souplesse et les modules, mode de fonctionnement depuis longtemps conseillé (rapport Legendre) et déjà partiellement pratiqué dans certains établissements :

« De nombreux observateurs signalent cependant le danger potentiel de voir se
transformer ces dispositifs en nouvelle filière élitiste, en particulier si cette disposition n’est pas étendue à tous les élèves. On observe que les résultats de ces élèves aux évaluations en français et mathématiques en sixième sont globalement supérieurs à la moyenne des élèves de l’établissement bien que des cas individuels différents soient aussi constatés. C’est pourquoi, dans la très grande majorité des cas, les chefs d’établissement mettent en place des sections bilangues, (dispersion des élèves concernés sur plusieurs classes et regroupement uniquement pour les cours de langue) plutôt que des classes bilangues. Cette pratique va à l’encontre de l’objectif qui consiste à créer des pôles d’excellence dans certains établissements difficiles et génère des difficultés pour la constitution des emplois du temps » (passage surligné par nous)

Il suffit de généraliser ce fonctionnement durant quelques après-midis par semaine, avec des modules optionnels interclasses, en sus de la langue choisie en LV1. Il ne s’agirait pas d’un soutien scolaire mais d’une vraie validation volontaire d’un niveau supérieur – mais pas seulement en langues : dans n’importe quelle autre matière. On manque de scientifiques, pourquoi toute l’organisation des écoles tournerait-elle autour des langues ?

Les élèves pourraient alors être répartis dès la 6e au hasard de la mixité scolaire, et ce jusqu’aux différentes étapes de l’orientation déjà en place dans le secondaire (sport-étude, lycée professionnel ou filières générales, puis orientation en première vers différents bacs), tout en bénéficiant d’un cursus varié, librement choisi et d’excellence, selon leurs goûts et leurs capacités. Certes au prix d'un aménagement de l'emploi du temps pas simple, mais rien de comparable à l'abominable casse-tête logistique que représentent les filières de langues.

Défendre l’égalité des chances, oui, c’est une évidence.
L’élitisme au sens de permettre à chacun de tirer le meilleur de lui-même, comment être contre ? Mais pas en cachette : au grand jour et pour tous !

La solution à la dérive des classes bilangues, des sections européennes et internationales en classes d’excellence déguisées – « les meilleures classes », – ainsi que le remède aux blocages structurels et à l’absence de choix des langues, résident dans la souplesse et les modules interclasses.

Mais aussi dans le retour des langues à ce qu’elles sont : une matière parmi d’autres, traitée à égalité et non comme l’axe central de l’organisation scolaire, une matière dont le succès repose sur la motivation et un libre choix, conditions indispensables pour un véritable polyglottisme.

Repost 0
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:54

Ce risque méconnu m’est apparu à la lecture d’un article sur un autre sujet pédagogique, qu’il est nécessaire de présenter brièvement : une notion anglo-saxonne de « curriculums scolaires », que d’aucuns voudraient introduire en France, et à laquelle la Revue internationale éducative de Sèvres consacre tout un numéro.


1. Selon le site Vousnousils, qui traite de questions éducatives, "(...) le curriculum dans les politiques éducatives" serait « une préoccupation dans le monde entier, sauf en France »

«  La France est en retard : elle est aujourd'hui le seul pays au monde à n'avoir pas de politique curriculaire. On trouve dans de nombreux pays déjà des chaires universitaires sur ce sujet. Et en Angleterre par exemple, où en 1988 avait été mis en place le "National Curriculum", un élève passant le brevet des collèges, a, depuis longtemps, le droit de choisir son niveau de difficulté. »

En gros, le curriculum serait ce que l’élève apprend réellement du programme, ou ce que l’on souhaite qu’il en sache réellement, ou encore sa mise en œuvre locale, à moins qu’il ne s’agisse aussi de son parcours scolaire rendu personnel par le choix d’un niveau différencié.
C’est donc assez indéfini, voire obscur. Pour plus de détails, je vous renvoie aux articles cités, mais personnellement, je ne vois là qu’une différence artificielle, un pseudo-concept, du "pédagol" supplémentaire qui, pour être anglo-saxon, n’en est pas moins inutile...

Car le programme scolaire définit justement les objectifs à atteindre. Quant au manuel, il est forcément bien plus riche que le programme, puisqu’il s’y rajoute selon les matières des documents explicatifs, une mise en perspective (avis différents, contexte), des exercices, etc., et aucun prof n’a l’audace de croire que ses élèves vont comprendre et assimiler la totalité du manuel !

« En Finlande par exemple, la réflexion va jusqu'à questionner les enseignants sur ce qu'ont acquis les élèves, et une réorientation de la politique éducative se fait à partir des remontées concrètes. »
Si le programme n’est pas atteint ou non maîtrisé, n’est-il pas alors trop ambitieux ? Est-il nécessaire de créer des chaires universitaires pour revoir à la baisse un programme irréaliste ? Surtout à l'heure où l'on fait des coupes claires dans les effectifs de terrain...

Le site Centre international d’études pédagogiques (CIEP), dépendant du Ministère, pose lui aussi la même douloureuse question : « Premier étonnement : partout ou presque, sauf en France, on se réfère au concept de curriculum. Pourquoi ? »

A laquelle nous faisons la même réponse : peut-être parce qu’on appelle ça le programme ?

« S’interrogeant sur l’opportunité d’introduire en France le mot de « curriculum », les auteurs s’intéressent particulièrement aux évolutions qui sont en cours dans le contexte de la mise en place du Socle commun. »

On peut effectivement s’interroger sur la nécessité de remplacer une expression claire et connue de tous par un obscur curriculum, fût-il latin et utilisé dans les pays anglosaxons !
Accessoirement, cela permet d’utiliser le pluriel curricula plutôt que le trop banal curriculums qui fleure bon l’amateurisme, le parent d’élève ou la réforme de l’orthographe de 1990 ! Mais ne soyons pas mauvaise lingua !

A moins qu’il ne s’agisse de fixer de façon très détaillée le socle commun de connaissance, le savoir minimum de tout élève sur chaque sujet, ce qui serait un véritable travail de bénédictin : quelles batailles, quelles réformes, quelles dates doivent absolument être sues, quels évènements sont majeurs et lesquels sont secondaires, facultatifs en somme.

Si c’est envisageable dans les sciences exactes, cela serait infiniment plus difficile en histoire. Ne va-t-on pas créer ainsi une usine à gaz, un inventaire à la Prévert, une sorte de listes de faits de base, style Marignan 1515, dont Frédric Dard disait, par la voix de San-Antonio « 1515, c’est la date historique la plus célèbre pour nous autres. La seule qu’un Français retienne jusqu’à son dernier souffle. ». On peut d’ailleurs se demander pourquoi, et Bérurier avance une hypothèse intéressante, quoique démoralisante sur le plan pédagogique : « (...) si à peine sacré ton François Ier a fait la guerre, c’était pour profiter de la date qu’était facile à retenir. »
("L’histoire de France vue par San-Antonio", Frédéric Dard)

2. Mais venons-en à la possibilité (ou risque ?) de communautarisme dans les programmes.

« Enfin, les États élaborent des constructions très diversifiées, selon la conception qu'ils ont des savoirs scolaires, selon leur organisation administrative plus ou moins décentralisée, ou encore selon la répartition des responsabilités entre l'échelon national et celui de chaque école. » (CIEP)

Le site Vousnousils renvoie à un article (en pdf) dont l’auteur est Roger-François Gauthier, inspecteur général de l'administration de l'Éducation nationale et de la recherche, et professeur associé à l’université Paris Descartes et consultant à l’UNESCO - rien de moins - dont provient cet extrait  :

« Les réalités de la géographie, de la sociologie, de l’environnement scolaire et professionnel des écoles, les variations linguistiques et culturelles à l’intérieur d’une population n’impliquent-elles pas une « dénationalisation » au moins partielle des questions de contenus d’enseignement, que peuvent alors prendre en charge d’autres niveaux d’organisation (régions, municipalités, écoles elles-mêmes) ? Cela pour des raisons de justesse et de justice (adéquation du curriculum à des élèves qui sont divers), mais aussi d’efficacité. »
L’auteur parle également de savoir mondialisé, d’internationalité, de casser la machine à fabriquer de l’échec scolaire – qui ne le voudrait ?

On peut rapprocher cela des récents propos du chef de l’État :

« Le président de la République s'exprimait lors d'une table ronde sur la prévention de l'échec scolaire, tenue dans le gymnase du collège Jean Monnet de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), au cours de laquelle il a plaidé pour « une éducation nationale à la carte », pour répondre au mieux aux besoins différenciés des élèves. » (20 minutes)

Ne sommes-nous pas là dans la vieille opposition entre la vision française de la société - la citoyenneté - et la vision anglaise du communautarisme ? Car l’article suggère finalement que les curriculums (ou programmes) puissent être modulés selon les régions, les cultures et les populations locales – au risque de grandes dérives.
En caricaturant, on peut imaginer à terme des écoles de la Scientologie, avec un programme axé sur le créationnisme !

La liberté pédagogique dont, ce me semble, les profs bénéficient en France ne permet-elle pas à un prof en Bretagne de parler un peu plus de l’histoire locale ? Faut-il pour autant tout chambouler, au risque de voir, comme aux États-Unis, les conseils d’administration des écoles s’étriper sur le darwinisme ?

Imaginons un peu le Conseil régional de Bretagne débattre de la façon d’enseigner la révolte vendéenne contre la République, ou le Conseil français du culte musulman débattre avec le Conseil représentatif des institutions juives de France sur la façon de présenter le conflit du Proche-Orient...

D’ailleurs, l’article est conscient de ce risque de politisation des programmes, mais soutient que les États, sous la pression de leurs sociétés, se doivent d’organiser des débats sur les programmes :
« Ils perçoivent que, puisque les sociétés adressent à leurs écoles des questions de plus en plus complexes, exigeantes et facilement contradictoires, il leur revient d’organiser un débat entre toutes ces demandes, d’éviter qu’il soit confisqué par des lobbies (...) »

Mais organiser des débats sur le contenu des programmes, n’est-ce pas justement le meilleur moyen d'y introduire la politisation ?
Il nous semble que les concepteurs des programmes, qu’il s’agisse d’éditeurs, de comités de profs, d’auteurs individuels, de recommandations académiques, tiennent compte des évolutions sociales et des critiques, par le retour d’information sur leur manuel. Le discours sur la colonisation, par exemple, est bien diffèrent d'il y a trente ans.

En d’autres termes, un programme doit-il être fixé démocratiquement, par une assemblée régionale ou un débat public, ou, au contraire par un comité de sages, un panel de professionnel, ou même des auteurs isolés ?

J’ai sous la main le manuel d’histoire de seconde, éd. Belin sous la direction de David Colon (Sciences Po). Il contient divers éléments inexistants à mon époque (il est aussi très possible je n’aie pas étudié mes leçons avec assez d’application... mais ne compliquons pas) : des pages de méthode d’analyse critique d’un texte scientifique, d’un pamphlet ou d’un document historique, et, sur les sujets sensibles, une confrontation d’opinions.

Toujours sur la révolte vendéenne contre la République, 4 extraits sont présentés, dont l’un du commandant Républicain, et l’autre d’un député qui enquêta sur place sur les massacres, pillages et viols perpétrés par les troupes républicaines - en somme les guerres civiles dans toute leur horreur et dans les deux camps.

Qu’apporterait de plus un débat public, forcément politisé ? Qui plus est, il faudrait d’abord que les débatteurs en sachent plus que les historiens, ou révisent sérieusement leurs connaissances pour avoir un minimum de pertinence !
Au vu du risque d’enlisement, de dérapages et de surenchère par les extrémistes, ma préférence va de loin à ce qui se pratique depuis des décennies : faire un minimum confiance aux experts – quitte à leur faire des remarques et à corriger programmes et manuels lors d’une prochaine édition (en outre, ça fait marcher l’édition !)

Non, la France n’est pas en retard parce qu’elle a des programmes plutôt qu’une « politique curriculaire » !
Quant à la différenciation, il existe déjà des parcours scolaires différenciés, au collège et au lycée : langues régionales au primaire, filières sport-étude, lycées professionnels, sections européennes et internationales ou langues orientales, classes bilangues.

La souplesse structurelle est effectivement utile : nous serions tout à fait favorables à l’idée suggérée sur le site Vousnousils de niveaux différents à valider, et librement choisis par l’élève, par exemple sous formes de modules optionnels, interclasses pour une ou deux après-midis - mais à choisir parmi toutes les disciplines : sciences, musique, histoire, français, etc. et pas seulement les langues.

Car l'organisation actuelle de l'enseignement des langues semble entraîner des bocages structurels considérables. L’inscription des élèves dans telle ou telle filière (européenne, internationale, classe bilangue) détermine son parcours, et peut gêner un changement d’établissement lors de déménagement, alors que l’organisation en modules optionnels permettrait une répartition simple des élèves, qui ne se regrouperaient en niveau que pour ces périodes de renforcement. (Nous parlons bien de niveau supérieur et non de soutien scolaire en maths...).

Restons simples : programmes scolaires, manuels de qualité contrôlée, avec parfois parcours différenciés, mais il est inutile de changer de vocabulaire ou de créer des chaires curriculaires pour cela.

Nicolas Sarkozy a dit que les besoins des élèves n’étaient pas tous les mêmes, ce qui semble du bon sens ; mais on peut également redouter qu’en cas de plus grande autonomie, les besoins et le coût de la scolarité à l’école internationale de Neuilly ne soient pas les mêmes qu'à Tartempion-sur-Cambrousse...

Le Nouvel observateur de cette semaine, dans son dossier spécial sur l’Angleterre, rapporte justement une ébullition à Oxford voici quelques mois, en raison d’un triplement prévu des frais d’inscription, à rembourser par les étudiants sur leur premier emploi... Ou encore des « free schools » autonomes, autogérées et libres de déterminer le contenu des enseignements, des chèques-éducation remis aux parents ; et par ailleurs une élection du chef de la police - réforme provisoirement stoppée en raison du risque de politisation. Et à Bradford, viile symbole du multiculturalisme à l'anglaise, les écoles dont la gestion avait été externalisée et privatisée vienent d'être reprises en main par la municipalité...

Cette évolution de la GB, dont les résultats sont contestés au sein même du pays, ressemble par bien des aspects à certains projets suggérés en France.

Tout ce qui vient du monde anglosaxon n’est pas automatiquement meilleur, et la France n’est pas forcément « en retard ».

Cette volonté légitime de souplesse ne doit pas devenir l’alibi d’un démantèlement de l’Éducation nationale. Car derrière ces thèmes de curriculum, d’autonomie des établissements, d’adaptation des programmes aux régions et aux populations locales, c’est bel et bien l’unité de l’Éducation nationale, l’égalité des chances, l’école laïque de notre bon vieux Topaze qui est peut-être menacée. Améliorer, réformer, oui, mais soyons vigilants.

Repost 0
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:48

Encore un article sur la fin de Ben Laden, allez-vous dire. Oui, mais j'ai des informations exclusives à vous livrer, dont ce scoop : Jack Bauer était dans l’hélico numéro trois et dirigeait le commando – il avait quelques semaines disponibles entre deux alertes nucléaires et chimiques.

1. Première phase : le nom de code.

En effet, aucune opération commando ne peut entrer dans la légende sans un bon nom de code, et l’essentiel de ces derniers mois (années ?), depuis que la villa de Ben Laden a été localisée, a été consacré à chercher un nom qui frappe les esprits. C’est « Geronimo » qui l’a emporté - non parce que c’est un des chefs de guerre indiens qui a le plus frappé les Américains, ni parce qu’il est mort en prison dans le Guantanamo de l’époque (après s’être rendu), mais parce que son nom usuel était Go Khla Yeh (celui qui baille).

« Celui qui baille » symbolisait parfaitement l’ennui croissant des téléspectateurs du monde entier devant cette traque interminable d’un ennemi fantôme, dont on finissait par mettre en doute l’existence.

L’avenir dira si ce choix était judicieux ; d’ores et déjà, quelques organisations indiennes ont fait connaître leur agacement (jamais contents ces Indiens).

2. Après le nom, la localisation.

La version officielle dit qu’un prisonnier de Guantanamo a livré le nom du seul messager disposant de la confiance totale de Ben Laden.

Remarquons que cette explication légitime l’existence de Guantanamo, son utilité et celle de la torture, - les prisonniers ayant été menacés d’être nourris de doubles Burgers et de Mac dégueus, plutôt que par l'ordinaire de la prison, fait de chili con carne ou de riz cantonais. N’importe qui aurait parlé devant le risque de devenir obèse en quelques mois.
Mais, à l’évidence, il faut aussi chercher du côté des militaires pakistanais d’Abbottabad, dont les épouses croisaient quotidiennement celles de Ben Laden et de ses gardes, en train de faire leurs courses à un kilomètre seulement d’une académie militaire... La rumeur dit aussi qu’un général aurait eu des vues sur une des filles ou des épouses de celui-ci, et a voulu se débarrasser de l’encombrant voisin.

Mais notre reporter a un scoop (encore un !) : une des femmes de Ben Laden a dénoncé son mari, tout simplement en écrivant « aux bons soins de la CIA, ambassade américaine, Islamabad. »

Son billet disait : « Je n'en peux plus de vivre avec une star du terrorisme. A cause de sa parano, de sa crainte de la NSA et du réseau Echelon, il nous interdit Internet et même les portables. Mes enfants ont raté les trois dernières saisons de "24 heures"... J’ai dû acheter la vidéo pirate à un de nos gardes du corps. Il y a dix ans, on a vendu tous nos 4x4 parce qu’il a peur des drones et de leurs missiles... C’est la misère. PS : ne réveillez pas les enfants si vous venez la nuit. »

Autant de versions contradictoires. Comme on le voit, la façon dont les Américains ont localisé Ben Laden restera un des mystères qui entourent toujours les opérations secrètes, même lorsqu'elles sont révélées par les gouvernements eux-mêmes - jamais totalement sincères...

3. La préparation

On connaît grâce aux séries télévisées la minutie et le professionnalisme des Américains. Pour faire court, ce sont les meilleurs en toute chose. Ils ont donc reconstruit à l’identique la maison pakistanaise de Ben Laden.

Nous avons recueilli les confidences d’un des maçons (habilité secret défense) ayant participé à la construction de la réplique où les forces spéciales se sont entraînées : « Salaud de Ben Laden, on a dû construire trois étages et des murs d’enceinte de 7 mètres de haut ! Pouvait pas habiter un rez-de-chaussée entouré de gazon et d'une petite haie ? Salauds de riches ! »
(Ce soldat-maçon a depuis lors perdu son habilitation, en raison de ses idées révolutionnaires. À noter que son raisonnement était absurde : si Ben Laden avait habité une tour de Dubaï, les GI auraient dû construire un immeuble de 800 mètres et 30 étages !)

4. Le choix du commando

Qui d’autre que Jack Bauer pour le diriger ? Souvent il y va seul ou avec un gars ou deux, mais là il a pioché une équipe dans les « Navy seals » (des plongeurs, choix qui peut surprendre pour une opération dans les montagnes arides du Pakistan, mais nous en verrons la raison plus tard), et parmi eux - la crème de la crème, des membres de la désormais célèbre « Team 6 » (lesquels étaient huit, afin de brouiller les pistes). En réalité, les Team 6 sont 300 : les affaires secrètes sont toujours complexes.

5. Le matériel

Il n’y avait pas quatre hélicoptères comme annoncé, mais huit : depuis le ratage en 1980 de l’intervention pour délivrer les otages de l’ambassade en Iran, les Américains se méfient et appliquent le ratio 1/1 : un soldat, un hélico...

Contrairement à une rumeur répandue par Boeing, l’hélicoptère qui a eu une avarie n’était pas français, ni européen. Le commando avait des consignes strictes : il a détruit l’hélicoptère défectueux afin de cacher le nom du constructeur – business d’abord, même en pleine opération militaire ! Trop forts ces Américains.

6. L’opération

Le commando a respecté tous les rites musulmans durant l’assaut : ils ont frappé à la porte en demandant « Is there somebody here ? », et en trois langues (arabe littéraire, pakistanais et anglais). Ils se sont essuyé les pieds sur le magnifique tapis persan tissé, en entrant et en sortant (en s’excusant à la sortie d’avoir un peu de sang sur les rangers). On pardonnera leur connaissance toute relative de la politesse et des usages, ce n’est pas leur spécialité.

Ben Laden n’a pas lâchement utilisé une de ses femmes comme bouclier humain, comme l’ont prétendu les premières rumeurs. C’est au contraire sa femme qui s’est abritée derrière lui quand le commando a surgi, en l’encourageant (d’un coup de pied au cul, selon un des soldats) : « Tu voulais tuer des Américains, alors vas-y, qu’est-ce que tu attends ? »

Badaboum, des morts et des blessés, mais ça rend mieux en vidéo. Une victime innocente, un « dégât collatéral ». Adaptation prévue sous peu par Hollywood.

Le commando a envoyé le message prévu, « Geronimo EKIA », qui ne veut pas dire Ennemy killed in action, mais « Et Kest-ce k’il y a » ? Car les commandos parlent français en opération, pour brouiller les pistes, ou alors pour mouiller NS, ou montrer qu’ils sont polyglottes, difficile à dire.

L’opération a duré 45 minutes. Comme ce sont des rapides et qu’il leur en restait 40 après les échanges de coups de feu, ils ont fouillé les lieux et récupéré tous les disques durs des ordinateurs.
La famille a porté plainte pour violation de domicile, vol de jeux vidéos et assassinat.


"- Quel type de jeu vidéo ? a demandé le policier.

- Un simulateur de vol sur avion de ligne.

- Ah! oui, j'aurais dû m'en douter..."

 

Pour plus de discrétion, le corps de Ben Laden a été emporté par les soldats roulé dans un des nombreux tapis, ce qui explique le peu de témoignages visuels - le facteur nuit a probablement lui aussi joué un rôle.
Une autre femme de Ben Laden a porté plainte dès le lendemain à l’ambassade américaine, pour vol de tapis et assassinat. Elle aurait ajouté : « Lui, vous pouvez le garder ! »

Comme quoi, les problèmes conjugaux existent aussi sous la loi coranique.

7. Le retour

Ben Laden n’a pas été inhumé en mer après une cérémonie musulmane à bord d’un porte-avions, il est retenu prisonnier à bord du Nautilus, le fameux sous-marin volé au capitaine Nemo qui a longtemps eté dissimulé dans la zone 51 – et déplacé depuis, le Nevada n’étant pas très pratique pour cacher un sous-marin, à cause de la sécheresse. Cela explique le choix des plongeurs des Navy seals au détriment de leur équivalent de l'armée de terre.

Les médias professionnels avancent que Ben Laden aurait 53 demi-frères et soeurs, que l’Arabie saoudite l’aurait privé en 1994 de sa nationalité lorsqu’il a commencé à protester contre la présence de 300.000 soldats américains sur le sol sacré.

Selon certaines sources plus confidentielles, en se basant sur le fait que Ben Laden a participé en Afghanistan, aux côtés de la CIA, à la lutte contre les Soviétiques, celui-ci ne serait autre que Jack Bauer lui-même, avec une barbe ! Ce qui est totalement absurde, car il ne pouvait être à la fois dans l’hélicoptère du commando en tant que Bauer, et dans la villa en tant que Ben Laden... A moins qu’il n’ait été ni dans l’un ni dans l’autre, mais là je n’y comprends plus rien.

Repost 0
9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 17:51

 

Mensonges et non-dits sont les parrains de cet énième comité, ce qui augure mal de sa production future.

Il eût été plus honnête de l’appeler « Comité stratégique de l’anglais », ou, mieux encore « Strategic English Committee », tant ses buts sont transparents, quoique (mal) dissimulés.


Composition du comité
Lettre de mission du ministre à ce comité (en pdf)
Site du Ministère

On s’abrite derrière la diversité linguistique (« Aussi veillera-t-il à respecter la pluralité linguistique qui constitue une richesse culturelle »), alors que le but réel est d’imposer l’anglais dès la maternelle, à tous les élèves, volonté qui est explicite dans la lettre de mission  :

« (...) faire évoluer l’enseignement des langues vivantes, notamment l’anglais devenu nécessaire dans les domaines social, économique et professionnel. »

« La question de l’apprentissage précoce des langues, et plus particulièrement de l’anglais, est un autre enjeu majeur de notre société (...) »

Or, pour des questions de logistique, de nombre de profs, de budget, il est impossible à la fois de commencer précocement et de proposer une diversité de langues au primaire, encore moins à la maternelle ! C’est l’anglais précoce et imposé à tous, OU le libre choix, pas les deux ! On nage en pleine hypocrisie...

« J’ai notamment demandé au CNED de concevoir un service d’apprentissage de l’anglais pour l’ensemble des publics et pour tous les niveaux. »

Mensonge encore que l’anglais soit devenu une compétence fondamentale pour trouver un emploi en France et à l’étranger  : mon boulanger, mon dentiste, mon plombier, l’instit de ma fille, le prof de maths de mon fils, mon contrôleur des impôts, le prof de tennis de mon député et des milliers d’autres (dont des ministres !) n’ont nul besoin d’anglais.

Les entreprises reconnaissent que la meilleure langue pour vendre quelque chose est la langue du client. Elles reconnaissent la diversité de leurs besoins linguistiques.
De nombreux candidats ayant une connaissance basique de l’anglais, celui-ci n’est plus décisif à l’embauche, et des profils atypiques pourront être appréciés (par exemple anglais médiocre + chinois pas mal, plutôt que anglais moyen seul). On peut aussi faire anglais deuxième langue et le commencer plus tardivement – du moins dans les pays libres !
De très nombreux métiers en France n’auront jamais besoin d’anglais. Seuls quelques profils particuliers de quelques carrières pourront avoir besoin d’un anglais moyen.
Exemple : un chercheur oui, mais le spécialiste peut se contenter de lire les résumés de sa discipline dans un anglais technique (niveau bien inférieur au « fluent english »), voire peut suivre l’actualité en français – du moins si la francophonie n'a pas déjà supprimé toutes les revues francophones... Et pour cela, nul besoin de commencer à la maternelle.

D’autant plus que le début précoce n’est pas une garantie de bon niveau à l’âge adulte : les langues peuvent s’oublier ! Il y faut une grande motivation et de la persévérance.
Demandez à des expatriés : même le vocabulaire de sa propre langue s’oublie ! Et une fois de retour au pays, leurs enfants oublient parfois totalement une langue étrangère qu’ils parlaient pourtant presque couramment dans la cour de récréation – il semble y avoir un cap vers 7 ans.
Inversement, on peut acquérir un bon niveau sans avoir commencé précocement, les exemples sont nombreux.

Pour profiter des qualités musicales des enfants, il suffit d’une initiation aux sons qui n’existent pas dans notre langue, une initiation à la diversité linguistique : le « r » roulé (comme dans beaucoup de langues régionales, et en fait dans la majorité des langues), la jota espagnole, le х russe, le kha arabe, les « tch » de quelques langues slaves, les alphabets différents : cyrilliques, arabe, etc.

Quand ce n’est pas le ministre qui ment, ce sont les médias, toujours à la recherche du sensationnel, comme Le Point qui titre : « Les Français faibles en anglais, un comité stratégique des langues est installé » , alors que sur ce sujet le ministre s’est montré plus prudent dans sa formulation : « (...) malgré des progrès, les résultats de nos élèves peuvent être encore améliorés ».

A moins que ses plumes n’aient lu plus attentivement les résultats des études internationales : car les Français sont dans la moyenne, et même dans la fourchette supérieure question connaissance des langues étrangères, les plus mauvais étant, et de loin, les anglophones...

Plus fort encore : sur le plan pédagogique et médical, introduire l’anglais précocement est une aberration, car c'est un âge où beaucoup peinent à maîtriser les bases du français... alors que la dyslexie, affection multifactorielle, est plus fréquente chez les Anglais. Inversement, elle est plus rare ou passe inaperçue dans les langues régulières comme l’italien : « Ainsi, il y a deux fois moins de dyslexiques chez les petits Italiens de dix ans que chez les jeunes Américains. » (équipe Demonet de l’Inserm, Toulouse, doc en pdf )

Plutôt que de mettre en place cet énième comité, il eût été plus simple, moins coûteux et plus honnête de la part du gouvernement d’imposer l’anglais par une loi, un décret ou une réforme brutale, comme on l’a fait pour le primaire et souvent en 6e (faute de choix), dans le style de la première dictature venue, ou de la planification à la soviétique !

Exigeons la création d’un comité pour lutter contre l’excès de comités et le gaspillage des fonds publics !

Mais ne soyons pas systématiquement négatifs : en supposant que la volonté de réforme de l’enseignement DES langues soit réelle, c’est avec plaisir et gratuitement que je présente à ce comité le fruit des modestes réflexions d’un « journaliste-citoyen », par ailleurs parent d’élève et expert reconnu de son quartier. 

Réforme qui concilie la liberté de choisir ses langues étrangères avec l'usage précoce de l’oreille musicale des enfants, à prix coûtant et simplement – quoique cela implique un changement total de paradigme :

Au primaire, début des langues étrangères au CM1, par un choix, un vrai choix, systématiquement proposé entre quatre options : anglais (ou autre « grande langue » selon disponibilités locales des PDE), langue régionale, initiation linguistique non spécialisée aux diverses langues européennes et à divers alphabets (grâce à un support pédagogique, sur le modèle des programmes Evlang déjà expérimentés, par des enseignants volontaires et formés par stages, tournant sur les établissements scolaires proches), et espéranto (idem : profs volontaires et formés par stages, tournant sur quelques établissements, langue facile à enseigner du fait de sa structure).

 

Et si on veut faire plus simple : début des langues au CM2 par une initiation linguistique non spécialisée. Priorité à l'étude du français... Nombre de PDE (nouveau nom des instits) n'en seraient pas fâchés, si l'on en juge par les réactions sur ce forum d'enseignants.


Au secondaire : deux langues étrangères à valider à deux niveaux (réalistes) différents, A2 au brevet, et B1 au bac, B2 pour les filières littéraires et langues.
Langues à choisir parmi TOUTES les langues vivantes, et les langues mortes (latin-grec), par complémentarité entre l’école et hors l’école, familles (revalorisation réelle des langues de l’immigration), associations parentales, Instituts nationaux type British Council, Confucius) ou boites privées.
Il ne s’agirait pas de privatisation rampante ni de transfert de compétences, puisque l’école continuerait de proposer ce qu’elle peut comme langues. Seuls les élèves souhaitant en valider une autre chercheraient en dehors (la majorité restant en anglais donc dans le cadre de l’école) et à leurs frais – la validation de la langue et du volet culturel correspondant demeureraient le privilège de l’Éducation nationale. Pour les langues rares et les examens, les TICE (technologies de la communication) seraient mises à contribution, par exemple un examinateur européen pour les langues très rares.

Suppression des filières coûteuses, redondantes, discrètement élitistes et véritables casse-tête logistiques type sections européennes et internationales (en maintenant les bacs dits internationaux), au profit d’après-midis où les élèves choisiraient, dès la 6e, des options de renforcement : langues pour ceux qui le souhaitent (avec également de l’oral par des natifs, selon possibilités) mais aussi sciences, histoire, musique ou toute autre matière. (Le ministre parle d’ailleurs des groupes de compétences et des périodes intensives).

Pourquoi les langues seraient-elles les seules matières (hormis sports-études) à avoir des filières spécialisées alors qu’on manque de scientifiques ?

La question des langues n'est pas pédagogique (ou très peu) mais politique. Il n'y a pas de méthode miracle pour "faire apprendre" une langue étrangère : il faut en avoir très envie et persévérer longtemps, et la plupart des gens n'en ressentent pas le besoin, ni professionnel ni personnel. Toute réforme de masse qui ne tient pas compte de cette réalité est vouée à l'échec - ou ne concerne qu'une minorité.

Quoi qu’il en soit, la création de ce comité n’est que poudre aux yeux pour masquer la baisse drastique des effectifs dans l’enseignement – tout en accentuant la pression en faveur de l’UE anglophone – déjà une réalité.

Dommage que des personnalités reconnues se prêtent à cette mascarade et à cette gabegie (ils ont mandat pendant un an pour faire défiler et questionner tout un panel d’experts internationaux), dont la raison d’être est de cautionner l’imposition future de l’anglais de la maternelle à l’université.

Pour aller plus loin  :

Une analyse fouillée de Charles Durand sur le site de l’AFRAV (commentaire après la vidéo)
Une analyse également détaillée sur les apports supposés de l’enseignement supérieur en anglais, par un angliciste et universitaire, Claude Truchot.

Repost 0