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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 23:07

Non, ce n’est pas une insulte, mais un constat : notre président vient d’utiliser une méthode digne de camelots et de bonimenteurs, classique en période de soldes, quoique illégale : annoncer une grande baisse des prix après les avoir augmentés !


Il a en effet demandé au Premier ministre, lundi, dans un courrier, la mise en œuvre de mesures pour réduire « vigoureusement » le train de vie de l’État - une véritable cure d’austérité, menaçant même de « sanctions » si ses consignes n’étaient pas respectées, alors qu’il est à l’origine du gouvernement le plus pléthorique que nous ayons jamais eu !
 
« Lutter contre les gaspillages à tous les niveaux de l’administration », écrit-il.
« Le nombre des collaborateurs fixé à un maximum de 20 personnes pour les ministres, et 4 pour les secrétaires d’État. Respect rigoureux de cette règle « dès la rentrée prochaine ». »
 
Il avait promis, en 2007, un gouvernement resserré, une équipe de « quinze ministres ». Une promesse non tenue, sans oublier celle de la parité hommes-femmes qui a volé en éclats comme la vaisselle dans une dispute conjugale.
Le Figaro avait d’ailleurs rapporté en 2009 une défense prémonitoire contre une hypothétique accusation de gouvernement pléthorique :
 
« Même avec quarante et un ou quarante-deux membres, on sera loin des gouvernements de Michel Rocard (48 membres en 1988) ou de Jacques Chirac en 1986 (44) », anticipe déjà un sarkozyste. »
 
Mais c’est par l’armada de conseillers ministériels que ce gouvernement a battu au final tous les records de ses prédécesseurs, et c’est Challenge.fr qui l’affirme - pas vraiment des gauchistes enragés :
 
« Le rappel est cruel. Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de gouverner avec une équipe resserrée à 15 ministres. Cet engagement n’aura tenu qu’un mois, jusqu’au remaniement de juin 2007. Depuis, les troupes n’ont cessé de s’étoffer. Le gouvernement de François Fillon réunit désormais 19 ministres et 18 secrétaires d’État, là où celui d’Angela Merkel, en Allemagne, ne compte que 15 ministres et 3 adjoints. Le président s’est montré particulièrement inventif en nommant un ministre de la relance, théoriquement en CDD, un secrétaire d’État chargé des Aînés, ou encore un haut-commissaire aux Solidarités actives. Du coup, les effectifs des cabinets ministériels n’ont pas vraiment maigri, atteignant aujourd’hui le nombre de 626, contre 582 dans le gouvernement Jospin de 2001, selon le député socialiste René Dosière. Si l’on ajoute les fonctions « support » (secrétariat, sécurité...), le total s’élève à 3 277, contre 3 170 sous le gouvernement Raffarin de 2003, première statistique connue. Pas vraiment exemplaire... »
 
Et comme toujours, Nicolas Sarkozy en fait des tonnes.
 
Les abus en matière de frais de bouche seront sanctionnés : est-ce à dire qu’ils ne l’étaient pas ? Ou est-ce le coup de pied de l’âne à Jacques Chirac dont le mandat de maire de Paris demeurera à jamais dans la petite histoire de France pour son faste ?..
 
L’État doit être « exemplaire » - alors qu’on se contenterait volontiers d’une simple honnêteté ; il sera fait « un usage irréprochable de l’argent public », et les frais relatifs à la vie privée des ministres et secrétaires d’État devront être pris « sur leurs deniers personnels », comportement qui semblerait aller de soi.
 
Est-ce à dire que ministres et secrétaires d’État étaient jusqu’alors dispensés d’honnêteté, que la vertu n’était pas une condition sine qua non de l’accès aux plus hautes fonctions de l’État ? Le citoyen lambda a de quoi s’interroger !
 
Le communiqué officiel présente même une sorte de calendrier des mesures d’économie annoncées dans le train de vie du gouvernement : « septembre prochain », « d’ici 2012 », « d’ici 2013 », etc. Dont acte, mais après tant de scandales, à défaut de démissions jamais envisagées, quels que soient lesdits scandales, les Français eussent souhaité des mesures concrètes, pas un calendrier : nous avons connu les promesses en vrac de la présidentielle, voilà maintenant les promesses mensualisées !
 
Que notre président agisse au lieu de parler : il lui reste moins de deux ans pour prouver au peuple que le vice s’est transformé en vertu !
 
Nous n’aurons pas la cruauté de rappeler l’explosion du budget sondages et communication de l’Élysée de 2008 à 2009 (doublement) – oh et puis oui, rappelons-le...

Dans cette ambiance délétère, gageons que la livraison prochaine de « l’Air Force One » à la française (176 millions d’euros) ne va pas être un franc succès… Va-t-on le baptiser à la limonade pour faire preuve de modestie, comme on a supprimé la "garden-party" de l’Élysée  ?
 
Il faudrait d’ailleurs songer à lui trouver un nom plus respectueux de la francophonie que « Air Force One » : choisir entre « Austérité une » et « Bling-Bling One » !

 

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