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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 18:09

Ca c’est un titre accrocheur, non ?

C’est plus anecdotique que le récent succès de l’espéranto au Festival des langues à Nankin, mais l’histoire ne manque pas de sel.

Les services de sécurité japonais ont montré un peu de nervosité quand ils se sont aperçus que certains activistes utilisaient l’espéranto pour communiquer, langue qu’ils ne comprennent pas. Le Japon a pris la présidence du G8 le 1er janvier 2008 et organisera le prochain sommet du G8 du 7 au 9 juillet 2008 dans l’île d’Hokkaido. Ils craignent à cette occasion les agissements d’une minorité activiste, mais plus encore une coordination de ces groupes avec ceux de Corée.

Comme le dit l’article (en espéranto) de Libera folio, "L’inquiétude des services d’ordre aura au moins réussi à attirer l’attention de deux grands magazines, anglais et allemand, sur l’espéranto !"

(En anglais dans Newstatesman)

Au-delà de cet aspect minoritaire et marginal de l’espéranto (rappelons qu’il ne s’agit que d’une langue, et que chacun, chaque mouvement, est libre de l’utiliser), cette "révélation" n’a rien d’étonnant pour des espérantistes qui savent depuis longtemps que cette langue est la plus adaptée à la communication internationale, de par ses caractéristiques de facilité, de vitesse d’apprentissage sans commune mesure, sa neutralité et son caractère international.

Rappelons brièvement d’où lui viennent ces caractéristiques : la facilité et la vitesse d’apprentissage (environ d’un facteur 8) s’expliquent par l’absence d’exceptions, le faible nombre d’idiotismes, la simplicité structurelle (qui ne veut pas dire pauvreté linguistique ni limitations) et la dérivation logique des mots à partir des préfixes et suffixes. Cette régularité et cette dérivation logique en font au final une langue beaucoup moins gourmande en mémoire - à vocabulaire égal. Sa neutralité : à l’évidence, ce n’est la langue d’aucun pays et d’aucune religion. Son internationalité : si le vocabulaire est européen, sa grammaire simple et régulière est familière à de nombreuses langues asiatiques.

Ainsi, ces caractéristiques en font la langue la plus adaptée aux ONG, par exemple, pour leur personnel international, bien plus que l’anglais, et un jour ou l’autre ces ONG s’en rendront compte, ainsi que les organismes internationaux ou l’UE, s’ils ne le savent déjà – en fait, ceux-ci le savent, mais les enjeux politiques et économiques entravent toute réflexion sereine.

A noter que les deux magazines qui ont relaté cette histoire ont eu quelque peine à donner une estimation du nombre de locuteurs, pour les mêmes raisons qu’on ne sait pas réellement combien de personnes parlent anglais, faute de définir ce que veut dire "parler" (quel niveau, sur quelle échelle ?), et basé sur une enquête plutôt qu’un sondage bidon. Même si c’est à une tout autre échelle que pour l’anglais, la difficulté est la même lorsqu’il s’agit d’estimer les locuteurs ou ceux qui ont simplement quelques notions, voire les sympathisants.

Peut-être cette anecdote, ancrée dans les problèmes de la mondialisation, est-elle le début d’une prise de conscience de l’efficacité de l’espéranto pour la communication internationale ? Après tout, il a été conçu pour ça : franchir la barrière des langues.

Paradoxalement, si les services de sécurité se mettaient à apprendre l’espéranto, cela constituerait mathématiquement une progression de la langue !

Comme les espérantistes sont des gens pacifiques et prêts à aider leur prochain, nous donnons ici un conseil gratuit à ces agents de l’ombre : la seule façon pour des services secrets de comprendre la langue internationale sans en favoriser la diffusion, c’est d’apprendre l’espéranto, mais en secret.

(En allemand dans Spiegel on line)

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