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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 21:47

Durant l’émission « On va s’gêner », les animateurs ont appelé la permanence de l’association Espéranto France, afin d’en savoir plus sur cette langue que le mouvement EDE (Europe-démocratie-espéranto) propose aux élections européennes.

1. Félicitons-les, en tâchant de compléter leurs informations.
 
Le passage concerné se situe au chrono 48.45 (cliquer sur réécouter).

Laurent Ruquier a bien mené la barque, moqueur mais poli.

Par contre, comme en 2006, Pierre Benichou s’est fâcheusement distingué en disant que c’était la chose la plus bête du monde...

C’est le principe de l’émission : des sujets brefs, des réparties rapides mais pas toujours fines - qu’il nous soit donc permis de lui renvoyer la balle... et de nous demander, moins affirmativement que lui : ne serait-il pas l’ex-journaliste le plus bête du monde ? Soyons honnête, nous l’ignorons !

Il a expliqué que c’était idiot puisqu’il fallait apprendre un peu d’italien, un peu d’allemand, un peu d’anglais, etc., donc « le drame » serait que, loin de simplifier la vie des Européens, cela ne ferait que la compliquer !

A moins qu’il ne confonde avec l’europanto – un sabir et un jeu des traducteurs du Parlement européen qui ne peut s’enseigner, - on voit qu’il n’a pas mis à profit les deux ou trois ans écoulés pour se renseigner un minimum, depuis ses précédentes critiques dans la même émission.

Nous sommes donc ravis de lui apprendre que le français est lui aussi fait de bric et de broc, que les mots coach, merguez, football, spaghetti, impresario, algèbre, alchimie, taboulé, toubib, schuss, ersatz, épilogue, aphone ne sont pas nés dans la France profonde, mais en Angleterre ou aux USA, en Afrique du nord, Italie, Allemagne et Grèce.

Que si les racines de l’Eo ont effectivement été choisies pour leur fréquence dans diverses langues très répandues à l’époque de Zamenhof, la structure de l’espéranto forme un tout homogène, et que le but principal était de construire une langue de communication internationale très régulière, et, partant, largement plus facile à apprendre.

Selon le même, cette langue « a fait long feu » alors que tous les journaux régionaux témoignent maintenant de l’activité des clubs locaux, loin du parisianisme hautain... Ils ont été accueillis au téléphone par la permanente, qui, à leur demande, leur a parlé tantôt en espéranto, tantôt en français.

Ils ont donc eu confirmation qu’il existait des locuteurs de l’espéranto (pour ça, on peut aussi contacter l’association la plus proche ou écouter la radio La ondo de esperanto
(les premières secondes sont en russe).

Par contre, la permanente d’Espéranto France, francophone polyglotte d’origine arménienne, n’a pas eu confirmation de la politesse française, puisque l’un des animateurs lui a fait remarquer « vous ne parlez même pas le français correctement ».

Apparemment, ce malotru n’avait pas suffisamment d’oreille pour déceler son accent étranger, à moins qu’il ne confonde humour et grossièreté, mais je préfère pencher pour la première hypothèse.

Ruquier fit justement remarquer que la fourchette de locuteurs, de 100.00 à 2 millions, était large. Mais, de même, on ne sait pas réellement combien il existe de locuteurs d’anglais non-natifs, faute de pouvoir définir ce que ça veut dire, quel niveau ? Quelle pratique réelle ?

Quelqu’un demanda « Ca vous sert à quoi cette langue à part à vous faire remarquer ? »

L’actualité nous en fournit une réponse potentielle.

2. Presseurop, une sélection de la presse étrangère, traduite en dix langues, vient d’être lancé sur Internet.

Mené par une équipe de Courrier international, soutenu (mais non dirigé) par l’UE, cette excellente initiative devrait s’élargir à 23 langues d’ici cinq ans, le but étant, comme le dit la dépêche de l’AFP, de « faciliter l’émergence d’une sphère publique européenne et à améliorer le débat démocratique sur l’UE. »

C’est une excellente initiative - il manque d’ailleurs une télévision réellement européenne ou des échanges d’émissions doublées ou sous-titrées, - mais il faut remarquer que c’est toujours à sens unique, des journalistes aux citoyens Européens en passant par la case traduction.

Ce n’est en aucun cas un forum européen, ni l’émergence d’une opinion publique, ou d’un café du commerce : les Européens ne disposent pas d’une langue véhiculaire commune, sinon parfois l’anglais de façon injuste et officieuse (ceci expliquant cela), le plus souvent médiocre.

L’espéranto se propose comme langue véhiculaire commune aux Européens, seconde ou troisième langue, grâce à sa vitesse d’apprentissage, sans commune mesure avec l’anglais, le français ou l’allemand, donc accessible au plus grand nombre à un niveau utile.

Voilà brièvement quelle peut être l’utilité de l’espéranto, pour répondre à la saillie d’un des animateurs de Ruquier « à quoi ça sert ? ».

Ainsi, la présence aux élections européennes d’une liste en faveur de l’espéranto comme langue véhiculaire seconde de l’UE aura au moins permis à la bande à Ruquier d’apprendre plein de choses, dont comment dire « je t’aime » en Eo (mi amas vin), ou « au revoir » : ĝis revido (prononcer "djis révIdo"), mot à mot « jusqu’au re-vision ».

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