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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 14:00

Des étiquettes bilingues polonais-espéranto s’affichaient sur certains produits des marchés de Varsovie. Cette initiative a eu un écho international inattendu, puisque signalée par Le New-York Times, Yahoo ou le Time, sans oublier localement deux grands quotidiens polonais, Gazeta Wyborcza et Rzeczpospolita.


A la grande surprise de clients peu habitués à rencontrer l’espéranto au quotidien, quelques commerces du quartier Muranów, à Varsovie, où Zamenhof a habité, ont disposé sur leurs produits des étiquettes vertes (symbole traditionnel de l’Eo) et bilingues, qu’on peut découvrir sur cette galerie photo.
(« sukero » pour sucre, « kolbaseto » pour saucisse)

Cette façon originale de fêter les 150 ans de la naissance de Zamenhof est due à la dynamique association des jeunes espérantistes polonais (PEJ, Pola Esperanto-Junularo – Polska Młodzież Esperancka), en collaboration avec le musée d’histoire des juifs polonais et le conservateur Natalia Romik.

A cette occasion également, divers espérantistes locaux furent invités sur des radios polonaises. Le poète Wojciech Stamm a déclamé des poèmes en espéranto.
 
Le récent Congrès mondial d’espéranto à Białystok, l’été 2009, a donné une impulsion nouvelle au mouvement espérantiste - localement mais aussi dans toute la Pologne.

Citons par exemple la création d’un café linguistique, où pourront se tenir des discussions en diverses langues - anglais, espéranto, français, etc., sur le modèle déjà existant dans des grandes villes comme Paris, Lyon ou Toulouse, où ces soirées rencontrent un vif succès. Christophe, un toulousain, a participé à cette création dans le cadre d’un volontariat européen, dispositif mis en place par la Commission européenne dans le programme « Jeunesse en action ».

Une vidéo de ce café des langues est visible sur la télévision locale de Białystok (en polonais) avec des commentaires en diverses langues : en bas de page le reportage intitulé « La 40-ta parto », deuxième partie de la vidéo, après Brunetto Casini, invité du centre Zamenhof (sur mon PC, on ne pouvait accéder directement à la deuxième partie du reportage).
 
Les détails de cette originale manifestation proviennent entre autres du média espérantophone Libera folio, auquel nous avons emprunté le titre et qui rapporte l’histoire.

C’est le communiqué d’Associated Press qui a donné une audience internationale à ce sympathique évènement, lequel s’est alors vu mentionné dans quelques dizaines de médias à travers le monde, dont Yahoo, le Time et le New-York Times :

« On display in the shop window — a red pelto (coat), bluso and pantalono (blouse and slacks) and edziniga robo (wedding dress). »
« In France on Monday, the Le Monde daily ran a full-page ad by the European Esperanto Union under the breathless headline, ’’Europe is suffering under the domination of the Anglo-American language.’’
"The tabloid-style ad made a pitch for Esperanto, noting that it can be ’’learned 10 times faster than English and has no irregularities or complications.’’ »

Quoi ? Une page entière du Monde sur l’espéranto et l’anglicisation croissante de l’UE ? Serait-ce la révolution ? Ah non, il y a un truc : « ad » pour « advertisement » effectivement, car il s’agissait d’un encart publicitaire, probablement financé par l’un des rares sponsors de l’espéranto, le japonais Etsuo Miyoshi, visible en bas de page à droite.
(page visible sur le site SAT-Amikaro)

Une pub, c’est bien, mais à quand un vrai article dans le Monde, sous leur signature, comme celui du New-York Times ? Trop frileux, le grand quotidien du soir  ? Serait-il trop anti-européen d’évoquer l’anglicisation de l’Union européenne, de proposer une alternative qui garantirait une égalité des peuples et des langues de l’UE ? Voire du monde ?

Le NYT a également mentionné le clin d’oeil de Google pour ce jour-anniversaire, rapporté ici sur Agoravox. Bref, un bon travail de journaliste : les faits puis l’analyse, plutôt que le dogme sans les faits !
 
L’espéranto vient pourtant d’entrer dans deux universités françaises, en option aux côté de l’alsacien, du yddish, du japonais ou même du chinois (en UE libre) : Université de Haute Alsace (entretien avec le doyen de la faculté des lettres dans les Dernières nouvelles d’Alsace) et l’Université Jean Moulin, Lyon3 (chercher DU de langues rares).

A quand l’option possible au bac ? Combien de temps le ministère de l’Éducation nationale pourra-t-il répondre négativement par copier-coller, comme il le fait depuis des années en s’appuyant sur des clichés éculés ou des préjugés d’un autre temps ?
 

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