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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 22:02

C’était sur une chaîne du groupe ARD, à l’occasion du congrès de IJK  (Internacia Junulara Kongreso - Congrès international de la jeunesse espérantiste) qui s’est tenu du 18 au 25 juillet 2009 à Liberec en Tchéquie.


Les grincheux diront : « Bof, 3 minutes sur une des chaînes d’un groupe, en fin de soirée... c’est du remplissage avec ce qu’on a sous la main, à peine mieux qu’un horoscope ».

Pourtant, imaginez sur France 2 ou TF1 de l’espéranto, présenté, illustré par un reportage, et - oh sacrilège ! - sous-titré en français... Un coup à faire virer le présentateur !

Que la francophonie se meure - soit, que seuls les nonagénaires se rappellent que le français est une des langues de travail de l’UE - passe encore, mais voir une langue construite sous-titrée dans l’ancienne langue des diplomates, pour quelques-uns de nos beaux esprits, ce serait déchoir ! Ils ne savent pas que dans l’UE, nous sommes déjà quelque peu déchus...

Quoi qu’il en soit, les Allemands décomplexés l’ont fait, bravo ! Que les préjugés du 20e siècle restent au 20e siècle, et que les grandes idées fleurissent au 21e !
Vidéo de ces infos sur Youtube

Le présentateur commence par ces mots : « Alia mondo eblas » (un autre monde est possible) et conclut le reportage par « kaj jen mia lasta tasko : anonci al vi la veter-prognozon » (et maintenant, ma dernière tâche : vous annoncer la météo - mot à mot "le pronostic du temps").

On y entend aussi un des (rares) natifs espérantophones, dont le père est Japonais et la mère Polonaise.


Par ailleurs
 
Le 21 juillet 2009, le maire de Białystok (Pologne), Tadeusz Truskolaski, a inauguré le nouveau centre culturel Ludwik Zamenhof, qui comprendra une exposition permanente sur la jeunesse de Zamenhof et deux expositions temporaires sur l’espéranto, à l’occasion du Congrès international qui se tient dans cette ville du 25 juillet au premier août 2009.

J’avais déjà signalé la diffusion de quelques phrases en espéranto dans les bus de la ville.
 
Pour les anglophones, signalons aussi ce récent article de « Times online » sur le même congrès, car il présente l’espéranto sans les habituels clichés (quoique en insistant peut-être un peu trop sur des aspects du mouvement très marginaux), mais au final un article détaillé, honnête et de bonne tenue, comme on aimerait en lire plus souvent en France... 
 
A titre de comparaison, exercice critique toujours utile devant les médias, RFI a fait un court article dans lequel ils ont réussi à glisser deux bêtises en trois lignes de conclusion :
« Si l’esperanto vit toujours, son utilisation n’a cependant jamais dépassé les cercles de linguistes et d’intellectuels. » 
 
« Vit toujours », on croirait qu’on parle d’une langue en coma profond, menacée de disparition, alors qu’elle progresse constamment - preuve en est que même un média français comme RFI signale maintenant le congrès annuel !
 
Quant aux "cercles de linguistes et d’intellectuels", RFI a tout faux : une des plus anciennes associations françaises est celle des cheminots. Ce que l’on appelle les intellectuels à la française (gens d’influence, hommes des médias ou authentiques penseurs) se sont presque toujours montrés réticents, voire viscéralement critiques, de même que la majorité des linguistes, peut-être jaloux du génie linguistique autodidacte de Zamenhof... Ceux qui reconnaissent les qualités structurelles de cette langue le font discrètement, de crainte d’être catalogués par les médias comme ardents partisans de la langue construite espéranto, ou de ne plus être invités à s’exprimer !
 
Rappelons que la question d’une langue internationale de communication n’est pas l’affaire des linguistes, portés par goût à l’analyse des langues plus qu’à leur pratique, en général peu intéressés par la question de l’incommunicabilité entre les humains ou entre Européens ; mieux vaut demander l’avis des interprètes et traducteurs, ou, tout simplement se faire soi-même une opinion :
kato (chat), katido (chaton)
hundo (chien), hundido (chiot)
Mi vidis la hundon ("j’ai vu le chien" -is finale du passé)
Mi vidos la hundon ("je verrai le chien" -os finale du futur)
Pluvas (il pleut) (pluv- et finale du présent -as)
 
Simple, régulier, élégant, non ? 
La communication internationale est l’affaire de chacun, pas celle des linguistes !
 
Reprenons à notre compte le sens de la conclusion de Jonh Wells à la fin de l’article de Times on line : l’espéranto est une bonne idée qui attend son heure. Tout ce que nous avons à faire est de le maintenir en bonne forme !

Certains se lamentent que l’UE serait en panne de grands projets : qu’on nous permette d’en proposer un, assez ambitieux mais simple à mettre en oeuvre, idéaliste, humaniste, pratique et... quasiment gratos : soutenir l’espéranto comme langue véhiculaire des Européens, et du monde.

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commentaires

Hermes 22/10/2009 17:31


Saluton,

Vi bone laboris, sed vi devus meti en la artikloj la retligon al agoravokso.

Ankaŭ vi povus meti viajn estontajn artikolojn en ĉi tie, por ke oni plibonigas ilin.

Vi povis vidi ke mi ne estis en agoravokso sed en la blogo de la finnulino. Agoravokso iĝis por mi malbona gazeto