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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 19:23

Sur-titre
Titre :
Intense propagande médiatique en faveur de l’anglais !
Sous-titre
Descriptif :
Chapeau

France Info, le Monde, 20 minutes, de nombreux médias ont repris les résultats du TOEFL, un test d’anglais dans lequel les Français se classent 69e sur 109 (il n’y aurait donc que 109 pays dans le monde ?), une info malheureusement accompagnée du masochisme et de l’autoflagellation habituels sur le supposé mauvais niveau des Français en anglais.

VOIR EN LIGNE :
Texte
 
Une avalanche de clichés, de désinformation, tant dans les articles que dans certains commentaires.
Ces résultats du TOEFL sont effectivement une information, mais elle méritait d’être replacée dans son contexte : à savoir un débat sur la légitimité de l’anglais, sur la diversité linguistique versus une Europe anglophone, sur le choix des langues ou l’anglais imposé au primaire, sur la liberté de choisir sa ou ses langues étrangères !
 
« Le précédent ministre de l’éducation, Xavier Darcos, voulait des élèves bilingues à la fin de leur scolarité. »
Comme Xavier Darcos, Le Monde assimile le bilinguisme à français+anglais, alors que cela signifie français+autre langue. Fut un temps où Le Monde maîtrisait le français !
 
France Info propose en plus un reportage audio, toujours sur fond d’une culpabilisation ahurissante.
 
Il semble nécessaire de rappeler quelques évidences :
 
Il est naturel que des locuteurs de langues de diffusion internationale soient moins motivés pour l’apprentissage d’une langue étrangère - c’est humain, et c’est le cas pour nous autres Français, mais aussi pour les anglophones, de loin les plus mauvais du monde en langues ! En moyenne, bien sûr, car il existe des natifs anglophones polyglottes. En GB, on peut abandonner toute langue étrangère dès 12 ou 13 ans, faisant fi des recommandations européennes d’étudier la langue de ses voisins... 
 
L’école ne peut être le lieu que d’une initiation à une ou deux langues étrangères (niveau A2 ou B1 du CECR dans le meilleur des cas sans soutien extra-scolaire), rien de plus rien de moins, sans que les méthodes soient en cause. Comment les profs de langue acceptent-ils sans moufter cette avalanche de critiques ?
 
Il n’existe pas de méthode miracle pour étudier une langue étrangère ; c’est très long, très difficile, très lent, s’oublie vite et demande une forte motivation.
 
Le cerveau des petits Français est le même que celui des petits Norvégiens. Pourtant, à lire Le Monde qui s’interroge sur la génétique, on pourrait en douter...
 
On ne peut nous comparer à des pays qui ont abandonné leur langue au point d’enseigner à la fac en anglais ! Sauf si c’est l’avenir que l’on souhaite à la langue française.
 
Les locuteurs de langue germanique sont avantagés.
 
Le vrai sujet est la légitimité de l’anglais comme langue véhiculaire de l’Union européenne et de divers domaines (aviation, certaines sciences), ce qu’il est déjà officieusement, mais non sans une certaine honte puisque c’est inavoué. A quand l’aveu, le coming out de l’UE ?
 
Il s’agit encore et toujours d’une véritable guerre des langues, et voici un article qui l’explique de façon universitaire, mais ne voit d’autre solution que d’accepter la suprématie de l’anglais, sans aller jusqu’à le dire explicitement.
 
C’est une lutte d’influence dont les enjeux se chiffrent par milliards, tant les secteurs concernés sont vastes : influence politique, économique, scientifique, mainmise sur les grandes instances, offres d’emploi privilégiées, natifs or « same level », sans oublier l’immense bizness des langues, auquel nous sommes tellement habitués que nous ne le remarquons même plus. 
 
Ce sont pourtant là les enjeux véritables : pas la culture, mais le pouvoir et le fric !
 
Diffusez plus de films en anglais à la télé, recommandation entendue dans l’entretien sur France Info cité plus haut et récemment également faite par l’OCDE : « Augmenter la connaissance des langues étrangères, notamment en envisageant la présentation à la télévision publique de reportages et de films en version originale sous-titrée. » 
(page 39, doc en pdf )
 
 
Privatisez l’enseignement de l’anglais, faites venir toujours plus de natifs, luttez contre le chômage en Angleterre ! Faites financer des stages par les conseils généraux pour augmenter le déficit de la France.
 
Payez-leur des cours de soutien, des méthodes plus « révolutionnaires » les unes que les autres pour apprendre l’anglais les doigts dans le nez.
 
Offrez-leur des biberons bilingues (ça aide à l’apprentissage de la lecture !), des gardes d’enfant anglophones... Eh oui, ça existe !
« L’entreprise B. propose un nouveau concept pour les enfants dès 3 ans : de la garde d’enfants exclusivement en langue étrangère par un intervenant natif sélectionné et formé. »
Je ne vais quand même pas leur faire de la pub, non ? Mais si vous voulez vraiment connaître leur nom, c’est votre droit : B.
 
Les enjeux de la suprématie linguistique sont aussi vastes qu’ils sont sous-estimés et tus par les médias. 
 
20 minutes avoue involontairement le vrai sujet dans son résumé des commentaires : « La France est au 69ème rang (sur 109) du classement des pays parlant le mieux la langue universelle. »
 
Peut-être au fond de leur coeur les Français ne reconnaissent-ils pas l’anglais comme langue universelle ?
 
Et ils ont raison : la vraie langue internationale, la langue équitable, c’est l’espéranto.
 
Rappelons enfin que l’anglais imposé au primaire n’est pas la seule option pédagogique pour l’initiation aux langues vivantes : certains pédagogues continuent de soutenir une initiation non spécialisée qui permet d’utiliser la meilleure aptitude musicale de l’enfance, tout en respectant la diversité des langues et la liberté de choix : le programme Evlang (éveil aux langues).
 
Malheureusement, il ne s’agit pas de pédagogie, mais de politique...

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