Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 21:57

 Les bourreaux à la plage, les journalistes au tribunal !

Ancienne porte-parole du procureur du TPI, ancienne correspondante en Yougoslavie du journal Le Monde, Florence Hartmann, a fâché les puissants en publiant dans son livre des détails sur l’implication de la Serbie dans le génocide en Bosnie, qui devaient rester secret à la suite de négociations au sommet. 
Elle est accusée d’outrage à la cour ! Sous un motif assez alambiqué concernant un unique document où la Cour aurait fait une erreur de droit :
Et ces infos n’étaient même pas inédites, elles avaient déjà fuité bien avant publication !
 
« (...) Florence Hartmann revient sur la responsabilité des grandes puissances, au premier rang desquels la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, « leur refus persistant d’arrêter Karadžić et Mladić ou de s’assurer qu’ils soient livrés au TPIY, indissociable de leur défaut de volonté de prévenir les massacres de Srebrenica ».
 
Quel drôle de monde quand même, on peut génocider, trucider, torturer, fabriquer et installer des mines anti-personnel (qui tuent ou mutilent des femmes et des enfants longtemps après la fin du conflit), user de bombes à sous-munitions, on peut être un bon gros dictateur sanguinaire et posséder de nombreux hôtels particuliers en France, y passer une paisible retraite avec tout le clan familial, on peut envoyer à l’hôpital un paisible vacancier ou passer de la drogue sans aucun souci, du moment qu’on est un parent d’un « président » à vie, mais un journaliste qui fait son boulot, obtient des informations sur la face cachée de la marche du monde, hop ! En taule ! 
 
Le côté obscur de la force, ça va bien au cinéma, mais pas question d’écrire que la noirceur et la honte contaminent aussi nos propres dirigeants ! Que notre monde est souvent sale. 
 
Les juges vont-ils privilégier strictement le droit en condamnant la diffusion d’une information confidentielle sur une erreur juridique, ou privilégier le vrai sens du TPI, celui de poursuivre les grands criminels internationaux ? 
 
C’est la crédibilité du TPI qui se juge bientôt... De toute façon, les grandes puissances unanimes n’ont pas voulu d’un TPI permanent, d’un tribunal qui, un jour, pourrait se piquer de les poursuivre et les juger, eux !
 
Ce TPI s’achemine donc vers une fin lamentable, une conclusion indigne de sa fonction, comme le dit très bien François d’ALANCON, le journaliste de La Croix :
 
« Affaibli par la mort de Milošević et la non-arrestation de Karadžić et Mladić, le TPIY s’achemine aujourd’hui vers une fermeture prochaine, imposée par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Un épilogue en forme de mission inachevée pour un tribunal qui a échoué dans sa fonction de pédagogie. En dépit de quatre ans de procès, la culpabilité de Milošević, décédé le 11 mars 2006 dans sa cellule, n’a pas été clairement établie aux yeux du grand public, et spécialement de la population serbe. »
 
Le procès de 3 jours a eu lieu mi-juin.
Deux très bons articles récents sur cette ahurissante histoire : 
 
Pour la soutenir, on peut acheter son livre et/ou signer la pétition en ligne :
 
"Paix et châtiment. Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales", par Florence Hartmann, Flammarion, 319 p., 19, 90 €.
 
La pétition en ligne (lancée en janvier, mais elle semble toujours active, probablement jusqu’au verdict)
(preserverlajusticeinternationale.org)

Partager cet article

Repost 0

commentaires