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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 21:11

 

 

« Encore un papier sur DSK ! » allez-vous vous écrier. Oui, mais malgré toute l'encre qui a déjà coulé à ce sujet - assaisonnée d'un peu de bave - vous conviendrez que cette affaire présente bien des points obscurs. Aussi allons-nous tenter de débrouiller les faits.

Tout d'abord, il n'y a pas UNE affaire DSK, mais deux, avec celle de Tristane Banon, voire trois avec son ancienne collaboratrice du FMI - ou peut-être quatre, puisque la mère de Tristane Banon dit qu'il a été brutal.

Ou peut-être même six, puisque une ou deux journalistes l'ont déclaré insistant, ou encore sept ou huit puisque le député Debré a accusé l'hôtel d'avoir étouffé d'autres affaires.

Et par souci de clarté je ne compte pas la neuvième,  les paroles offensantes qu'il aurait eues envers une hôtesse de l'air, peu avant son arrestation.

Après ces précisions sur le nombre d'affaires DSK, nous pouvons entrer dans les détails :

DSK est accusé d'avoir violé la femme de chambre d'un hôtel, une employée qui se faisait appeler Ophelia (Le Figaro, légende de la photo) mais se nommerait en fait Nafissatou Diallo.

En lisant les déclarations du député Debré, on a pu croire un moment qu'il s'agissait d'un bordel, un de ces lieux où l'on croise davantage d'accortes escortes que de clientes... Mais non, nous sommes en mesure de confirmer ce fait : le bâtiment dans lequel les faits ont eu lieu est bien un hôtel. C'est même une chaîne d'hôtels, mais le mot « chaîne » évoquant trop le sadomasochisme, nous tairons son nom par souci de discrétion.

Précisons simplement qu'il ne s'agit pas d'un hôtel hard mais d'un Soft-hôtel. Déjà un ou deux clients ont demandé à la réception - en toute discrétion - si la chaîne d'hôtel était fournie avec les call-girls... « Non Monsieur, seulement le savon et les serviettes, » a dignement répondu le réceptionniste.

En matière de journalisme comme durant une enquête criminelle, le recoupement des faits est primordial : New York est bien aux États-Unis, sans rapport aucun avec York,  la ville anglaise éponyme du jambon.

Précisons que DSK n'a pas été menotté à sa demande : c'est la police qui a fait preuve de fermeté, enfiévrée à l'idée d'avoir arrêté le chef du cartel du FMI. La justice américaine,elle, a fait montre de prudence plus que de jurisprudence en envoyant dans une de ses plus terribles prisons un éminent citoyen résidant depuis longtemps à Washington, et doté de toutes les garanties de représentation.

La presse anglo-saxonne n'a pas été en reste question sévérité ; Thierry Meyssan, que certains disent parano, a fait une intéressante remarque à ce sujet :

« Les Français ont aussi accepté sans broncher les reproches de la presse anglo-saxonne. Tout cela est la faute de la presse française, pouvait-on lire, qui n’a pas enquêté sur la vie sexuelle débridée de M. Strauss-Kahn au nom du respect de sa vie privée. Pourtant, poursuivent les puritains, celui qui séduit ostensiblement les femmes, voire les presse, parfois les bouscule, est un violeur potentiel. « Qui vole un œuf, vole un bœuf ! ». En couverture, Time Magazine représente DSK et ceux qui lui ressemblent sous la forme d’un cochon. Nul n’a relevé que l’accusé était directeur du FMI et vivait à Washington depuis 3 ans sans que la presse anglo-saxonne donneuse de leçon ait, elle, enquêté sur ses supposés vices cachés. »

Complot or not, that is the question, comme dirait un célèbre anglophone. Quoi qu'il en soit, un zeste de paranoïa n'a jamais fait de mal devant les Machiavel de la politique. Les barbouzes refusant de nous répondre au téléphone, revenons-en aux faits établis.

La plaignante est donc une femme de ménage de l'hôtel, pauvre – ou pas (on parle de 100.000 $) ; immigrée entrée légalement aux USA – ou pas (selon ses déclarations) ; désintéressée - ou pas (selon les écoutes téléphoniques) ; qui a prévenu sa hiérarchie immédiatement après les faits – ou pas (selon les services du procureur). La caméra du couloir et le passe électronique confirmeraient - ou pas - la version que donne de ses déplacements ce témoin fiable – ou pas.

M. Diallo, la psy de N. Diallo la plaignante, trouve celle-ci fiable et affirme professionnellement que le viol a bien eu lieu. Mais elle serait en fait assistante sociale, et non psychothérapeute. À ce stade de l'enquête, on ne peut être plus précis.

Tout récemment, la défense de la plaignante l'a autorisée à livrer son témoignage aux médias. "20 Minutes" a demandé son analyse à une synergologue (non, ce n'est pas un spécialiste des synagogues interviewé à cause de la judéité de DSK), experte en langage corporel, qui est formelle : les gestes de Nafissatou Diallo sont cohérents avec ses propos. Mais cette spécialiste rappelle aussitôt, afin de lever toute ambigüité, que « les meilleurs menteurs sont ceux qui croient à leurs mensonges ». En somme, la plaignante dit vrai - ou pas.

 

Côté France, Tristane Banon ne s'appellerait pas ainsi à cause du jeu de mot triste-Anne lié à son enfance de mal-aimée, ni Tristan féminisé, mais en fait Anne-Caroline, ou Marie-Caroline selon d'autres, et serait amie avec la fille de DSK - ou pas (Nouvel obs). De son côté, Anne Mansouret, sa mère, se serait appelée autrefois Anne Mansoureh-Riahi.

Malgré cette non-amitié de sa fille, l'ex-femme de DSK serait la marraine de Tristane – ou pas : simple marraine de complaisance selon ses propres déclarations, quasiment virtuelle. (Même article)

Selon certaines sources proches de l'Élysée, les sujets du bac philo de 2012 tourneront autour du thème de l'amitié : peut-on être ami(es) après deux cafés pris ensemble ? Avec six ans de différence ? À partir de combien de tasses de café une amitié peut-elle être revendiquée, peut-on être ami(e) de quelqu'un qui n'est pas lui-même votre ami(e) ? La formulation définitive est encore à l'étude chez les « spin doctors » de l'équipe Sarkozy, qui plaçaient également beaucoup d'espoirs dans l'audition de François Hollande, affichée en première page du Figaro dans une mise ne page tapageuse contestée par ses propres journalistes. Mais son témoignage devant la justice est passé quasiment inaperçu.

Il faut dire que dans une affaire où tout le monde ou presque a annoncé porter plainte, ou être sur le point de le faire, ou menacé de dans le cas où, au barreau de New-York ou à Paris - ou les deux, - une simple audition pour savoir si François Hollande savait bien ce que le tout-Paris n'ignorait pas, et que le tout-journaliste savait également, fut un non-événement.

Après Hollande et PPDA, Tony Blair et Gorbatchov viendront-ils eux aussi témoigner de ce qu'ils ont entendu dire - ou dire ce qu'ils ont entendu taire ?

L'avocat de Tristane Banon est aussi catégorique que les autres protagonistes de cette affaire : "Me Koubi s’était toujours opposé à associer sa cliente à la procédure américaine." (Ouest-France)

Il était néanmoins mardi dernier à New-York dans le bureau du procureur Vance – peut-être pour signifier de vive voix son opposition à lier les deux affaires ? (Le Figaro)

Le même Figaro, par souci d'objectivité journalistique, appelle cet avocat tantôt Koubi et tantôt Koubbi - dans le même article !


Maintenant que tout est clair, précisons que Anne Sinclair, épouse de DSK, est en réalité née Schwartz (son père étant devenu Sinclair en 1949 pour des raisons inconnues) et que DSK lui-même, ex-candidat socialiste à la présidence de la République (mais seulement potentiel), n'était, selon certains, pas réellement socialiste !

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